Pepperstein dessine le reflet d’un monde

Le Garage Museum of Contemporary Art de Moscou présente jusqu’au 2 juin une rétrospective sur Pavel Pepperstein, nommée « The Human as a Frame for the Lanscape ».

Esthétique soviétique ?

Pavel Pepperstein est un artiste, un écrivain et un musicien qui s’est construit dans le contexte soviétique et postsoviétique. Il fait partie de ce mouvement d’avant-garde russe, de conceptualistes moscovites des années 70, avec des figures comme Andreï Monastyrski ou Viktor Pivovarov. Notre théoricien de l’art russe est donc ancré dans cet univers politique, et donc peut-être moins compris du public occidental. Pourtant, Pepperstein propose un art loin des clichés froids et immobiles d’une esthétique soviétique. Son œuvre est psychédélique, onirique, fantastique. Elle semble tout droit sortie d’un conte pour enfant un peu trash, et de toute évidence, s’en inspire. Ainsi, les phénomènes historiques cruels deviennent des images graphiques irréelles.

L’enfance

Aidée par le LSD, la créativité de Pepperstein façonne une véritable ode à l’enfance. Dans une interview, il explique :

« Je pense que l’âge de sept ans est le sommet de la vie. Je me souviens très bien de ce moment où j’avais sept ans. C’était l’été et je jouais seul dans le jardin quand tout à coup je me suis dit : c’est le sommet de ma vie. Le mieux que je puisse faire dans cette situation est de me suicider, non pas parce que je suis malheureux, mais parce que je suis heureux au maximum. J’étais sûr que si je continuais à vivre, ce ne serait plus aussi fantastique. Alors je réfléchissais à la façon de le faire et j’ai trouvé des instruments, mais ce n’était pas si facile. Je ne savais vraiment pas quoi faire, alors je l’ai simplement oublié. »

Réinvention du monde

Pour rendre l’univers intemporel de son travail, l’artiste a voulu pour cette rétrospective créer un véritable espace galactique et cosmique rappelant presque des œuvres cinématographiques de science-fiction comme 2001 : L’Odyssée de l’espace de Kubrick. Métaphore de notre propre âme, il invite le spectateur à se retrouver dans l’inconnu pour mieux se rattacher à son enfance.

Parmi les œuvres de l’exposition, on retrouve ses pays imaginaires au travers de cartes, cultes, et symboles nationaux s’inspirant de la réalité. Dans une succession de galeries, chacune représente un système, un environnement unique. En ce cas, vous tomberez par exemple sur une bibliothèque inventée par l’artiste. Mais surtout, sur un parcours qui évoque toujours une réinvention d’un contexte politique à travers un monde utopique et psychédélique, riche de leitmotivs.

Pavel Pepperstein, The Human as a Frame for the Landscape, installation view, Garage
Museum of Contemporary Art, Moscow, 2019
Photo: Ivan Erofeev
© Garage Museum of Contemporary Art
Pavel Pepperstein
Antenna for Communication with the Dead, 2006
Watercolor and ink on paper
Courtesy of the artist
Pavel Pepperstein, The Human as a Frame for the Landscape, installation view, Garage
Museum of Contemporary Art, Moscow, 2019
Photo: Ivan Erofeev
© Garage Museum of Contemporary Art

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