Nan Goldin est une artiste célèbre pour avoir dépeint son intimité à travers la photographie. Elle vit aujourd’hui entre Berlin, Paris et New York. Pour cette exposition collective « Visible, Invisible » au château de Versailles, elle a choisi de faire référence à la Marche des Femmes sur Versailles en 1789, une marche qui continue de se faire chaque année dans le monde entier. Son œuvre doit ici être perçue à travers un prisme politique.

Vue de l’exposition « Versailles – Visible / Invisible », château de Versailles, 2019 Courtesy de l’artiste Nan Goldin en collaboration avec Soundwalk Collective, Hala Wardé & HW Architecture ©Tadzio

Un chemin

C’est dans les galeries du Petit Trianon que Nan Goldin présente son travail. Longues et étroites, ces galeries immergent le spectateur dans une expérience toute particulière. En collaboration avec Hala Wardé et HW architecture, l’exposition est scindée en deux parties. Le visiteur est d’abord invité à explorer les canalisations souterraines qui permettent aux grandes eaux d’exister et de rendre compte du travail des ingénieurs de l’époque. Les immenses tirages photographiques installés dans ce tunnel sombre apportent une perception étrange au lieu.

De retour sous la lumière du jour, le visiteur est amené à contempler des photographies de sculptures en marbre – des figures féminines telles que des déesses ou des nymphes. Pour cette seconde partie de l’exposition, Nan Goldin a collaboré avec le collectif Soundwalk pour ajouter une dimension sonore à l’exposition et ainsi apporter « une voix au monde invisible de ces canalisations ». Le visiteur peut donc écouter des comédiennes et la photographe lire des passages de la Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges, de 1971.

Vue de l’exposition « Versailles – Visible / Invisible », château de Versailles, 2019 Courtesy de l’artiste Nan Goldin en collaboration avec Soundwalk Collective, Hala Wardé & HW Architecture ©Tadzio

L’artiste

Nan Goldin étudie à la « Hippie free school » à Boston. C’est à cette époque qu’elle commence à prendre des photos d’elle et de son entourage. En 1978, elle obtient son diplôme aux Beaux-Arts de Boston. Son œuvre, profondément liée à l’intime, se lit comme un album de famille
et semble bien avant-gardiste face aux réseaux sociaux aujourd’hui. Nan Goldin est d’ailleurs l’une des premières artistes à avoir autant documenté sa vie privée. La photographie lui permet d’en capturer des moments, comme elle écrirait ses mémoires.

A New York, elle commence à faire visionner ses diaporamas, toujours accompagnés d’une bande-son, dans des boîtes de nuit. Elle publie par la suite son célèbre livre de photographies : The Ballad of Sexual Dependency.

The Ballad of Sexual Dependency se constitue ainsi de 800 diapositives s’accompagnant de plusieurs musiques très diverses. Sans tabous, l’artiste photographie la vie dans sa souffrance et son humanité. Drogue, violence, sexe, elle va même jusqu’à se photographier après avoir été battue par son compagnon. Se photographier à nu lui permet de mieux s’accepter.

En 2018, Nan Goldin et son entourage fondent le groupe P.A.I.N.(Prescription Addiction Intervention Now).

Vue de l’exposition « Versailles – Visible / Invisible », château de Versailles, 2019 Courtesy de l’artiste Nan Goldin en collaboration avec Soundwalk Collective, Hala Wardé & HW Architecture ©Tadzio

Site web crée par