Trois expositions, trois espaces. Laissez-vous happer par la jungle à la Galerie Vallois, ou bien à travers la scénographie de Mélanie Manchot au Mac Val. Pour les amoureux de la poésie, découvrez les oeuvres de « Poésie Prolétaire » à la Fondation Ricard.

Jungle Fever

©Galerie Vallois, Jungle Fever

Préparez-vous à un voyage dans une jungle psychédélique avec « Jungle fever ». Le 33 rue de Seine s’enveloppe d’une nature luxuriante, exotique et extravagante pour cette exposition collective jusqu’au 16 février à la Galerie Vallois. Manquant de place pour pousser, la nature s’accroche aux œuvres . Sur le papier cigarette de Samuel Trenquier, sur les fauves innocents de Pilar Albarracin, ou encore sur les formes en relief d’ Henrique Oliveira. Elle vient même déchirer les affiches de Jacques Villeglé.

Parmi les artistes de cette jungle sauvage et urbaine, il y a Julien Bismuth, explorateur de la forêt amazonienne. Il y a étudié la langue d’une tribu : les Piraha. Par son expérience, il associe ici l’image et le langage.

Vous retrouvez aussi l’univers mystérieux et très psychique de Lucie Picandet à travers des paysages mentaux, et les terres abrakiennes du duo iranien Peyback. Le tout gardé par deux monstres enracinés : la « Bête » de Jean Tinguely et la « Chose » de Gilles Barbier.

Mais ne vous inquiétez pas, il vous sera également possible de vous recueillir dans le « Daisy Temple » d’Amelie Bertrand, ou de revenir dans votre enfance au sein de la forêt mystérieuse de Winshluss.

Open ended now

A propos de « Open Ended Now », entretien avec Melanie Manchot, VOSTF from MACVAL Productions on Vimeo.

Sélection d’œuvres de Mélanie Manchot de 1998 à 2018 au Mac Val pour une exposition monographique jusqu’au 24 février.

Ici, appropriation de l’espace pour en faire un lieu ouvert dont la relation avec le spectateur est la clé de son œuvre. Mélanie Manchot rejoue ses pièces dans une scénographie du geste presque documentaire. Le corps a en effet une place très importante, surtout dans ses installations vidéos. Chaque exposition pourra ainsi créer un contenu audio-visuel, un décor. L’espace devient un plateau de tournage.

L’artiste s’inspire du cinéma et de l’histoire de l’art pour jouer avec la photographie et la vidéo dans une frontière floue entre réalité et fiction.

Dans une idée de transgression sociale, elle interroge la position intime et privée au sein d’un lieu public. Ainsi, l’exposition frôle la performance puisque se rejoue des caresses, des baisers, mais aussi des danses et des manifestations en public.

Poésie prolétaire

poesie-proletaire-virtute

La Fondation Ricard propose une exposition mêlant les oeuvres de six artistes : « Poésie Prolétaire » jusqu’au 23 février.

François Piron, commissaire de l’exposition, s’inspire de la revue du même nom « Poézi Prolétèr » créée par Katalin Molnar, Christophe Tarkos et Pascal Doury dans les années 90. Il reprend ce rapport entre le dessin et la poésie, un lien fait de rencontres imprévues, où l’image et le langage se confondent.

Trois plasticiennes –Carlotta Bailly-Borg, Anne Bourse et Mélanie Matranga- ont travaillé à partir des oeuvres de trois artistes restées dans l’ombre pour des raisons diverses dans les années 1960-1980. Thérèse Bonnelalbay était infirmière et a évolué dans un milieu littéraire. Elle dessinait régulièrement et a rencontré Jean Dubuffet et son art brut. Joëlle de la Casinière réalisait des formes d’écriture, de dessin, de collage et de cinéma. Des outils pour enregistrer son quotidien. Lizzy Mercier Descloux était la fondatrice, avec son compagnon Michel Esteban, du magazine Rock News et du magasin de Harry Cover. Elle a eu un parcours de musicienne à New York, puis en Afrique dans les années 80. Ses poèmes et ses dessins sont ici exposés pour la première fois à Paris.

Les trois plasticiennes trentenaires s’associent à cette génération pour interroger sur le geste artistique en dehors de la position normée de l’artiste. Mais aussi sur une contre culture.