En perpétuel voyage, Jean-Baptiste Janisset questionne le récit collectif, l’Histoire qui nous est commune et ce qu’on en raconte – ce qu’on en retient.

©Jean-Baptiste Janisset

Son art de terrain consiste à explorer des lieux pour en capturer, en prélever l’essence même. Ainsi, il utilise le moulage pour envelopper des sculptures, des objets ou même des ossements. Il se promène, à la recherche de ces trésors enfouis et y fait des rencontres. Celles de plusieurs mémoires. Que retiennent-elles de l’Histoire ?

Jean-Baptiste Janisset, lui, en écrit une nouvelle. Celle où les archives reprennent vie.

Ainsi, le sculpteur se rendait par exemple à Nantes à la recherche des marques du colonialisme, mais il y découvrait un emblème d’Anne de Bretagne dans la cathédrale, gravé : « A ma vie ». Il en fera un tirage en plâtre.

Au Sénégal, il moula aussi une partie de sculpture : celle rendant hommage à Aline Sitoé Diatta, résistante casamançaise, connue sous le nom de « la Jeanne d’Arc d’Afrique ».

Sa dernière exposition « A ma vie » à la Galerie Alain Gutharc était une œuvre en elle-même. Il s’agissait d’un tombeau en hommage à l’Histoire. Un tombeau sans corps : un cénotaphe. Jean-Baptiste s’appuie dans son travail sur une mémoire rongée et abimée par les secrets et les tabous, toujours à travers une réflexion sur la croyance et la peur de la mort – mais aussi de la vie.