Allemande d’origine albanaise, Anna Ehrenstein a l’impression de n’appartenir à aucune de ces deux cultures. De ce sentiment est né la volonté de mener une réflexion sur l’identité et la représentation de soi dans le contexte de l’Albanie post-communiste. Une réflexion mise en scène dans sa série de photographies “Tales of Lipstick and Virtue”. Entre natures mortes et portraits d’albanaises férues de mode, Anna livre des clichés trash et bling-bling.

La série est composée de portraits de femmes albanaises, choisissant d’exprimer leur identité à travers leur féminité. Elles arborent devant l’objectif des looks kitschs et affirmés, en brandissant fièrement des accessoires de luxe griffés qui proviennent souvent du commerce de la contrefaçon. Anna les collecte pour ensuite les mettre en scène façon magazine de mode.

Ces femmes sont dans la représentation. Elles semblent se livrer à une sorte de performance. Et leur façon de se représenter est autant une armure sociale qu’un moyen de se construire leur propre identité.

A travers cette série de photographies, Anna s’amuse à brouiller les frontières tant sur le fond que sur la forme. Est-ce de la photo de mode, de la photo publicitaire ou de la photo documentaire ? Elle cherche à définir les limites entre le vrai et la contrefaçon, le naturel et l’artificiel. Avec comme question centrale : qu’est-ce-qui rend authentique notre identité?

Cette série de photographies est à découvrir au 104 à Paris dans le cadre du Festival Circulation qui a lieu jusqu’au 6 mai 2018.

 

(crédit images © Anna Ehrenstein)

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