Une oeuvre de Banksy s’est autodétruite au moment même où elle venait d’être vendue aux enchères, chez Sotheby’s à Londres, vendredi 5 octobre. Un événement inédit dans l’histoire des ventes aux enchères qui interroge sur les limites du marché de l’art.

Adjugée pour plus d’un million d’euros, l’oeuvre de Banksy s’est autodétruite à l’aide d’un broyeur à papier dissimulé dans le cadre du tableau et dont le mécanisme aurait été déclenché à distance. L’oeuvre en question est une reproduction à l’acrylique et à l’aérosol d’une des plus célèbres images du street artiste, “Girl With Balloon”, représentant une petite fille laissant s’envoler un ballon rouge en forme de coeur.

La scène, filmée et photographiée, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux et a animé toutes les conversations ce week-end. Banksy a réussi un coup de maître. Une véritable performance nous rappelant le caractère éphémère des oeuvres de rues et critiquant sévèrement la spéculation sur les oeuvres d’art contemporain.

Quel plaisir que de détruire pour recommencer

Banksy a d’abord commenté l’événement sur son compte Instagram en postant une photo de la toile accompagnée d’une légende “Adjugé, vendu…” Puis samedi soir, soit le lendemain de ladite vente aux enchères, il a mis en ligne, sur ce même compte, une vidéo explicative accompagnée d’une citation “Quel plaisir que de détruire pour recommencer”

Dans cette vidéo, qui affiche plus de 7 millions de vues, l’artiste y explique dans un texte accolé aux images : “Il y a quelques années, j’avais, en secret, incorporé une déchiqueteuse à papier dans la peinture, pour le cas où elle serait mise aux enchères”

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Going, going, gone…

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Mais comment une telle performance a-t-elle pu se produire ?

Sotheby’s affirme “quelle n’était nullement au courant et en aucun cas impliquée dans cet évènement”. Mais nombreux sont ceux qui soupçonnent le contraire. Pour la simple raison qu’une oeuvre, avant d’être mise aux enchères, est examinée sous tous ses angles. Et que cela nécessite parfois de la désencadrer pour étudier dans les moindres détails son état d’origine et vérifier son authenticité. Toutefois, cela ne s’applique pas systématiquement aux oeuvres d’art contemporain pour lesquelles le cadre peut faire partie intégrante de l’oeuvre. D’autres se demandent aussi si l’artiste était présent dans la salle. Il est certain en tout les cas, que lui ou un complice, a été là pour déclencher le mécanisme.

Que va-t-il advenir de l’oeuvre ?

Sotheby’s a déclaré dans un communiqué de presse publié dans le Financial Times “Nous avons parlé avec l’acheteur qui a été surpris par cette histoire. Nous sommes en discussion quant aux prochaines étapes”. L’oeuvre, vendue pour 1,185  millions d’euros, et désormais détruite, n’a pourtant probablement pas perdu de sa valeur. Selon Alex Branczik – directeur de l’art contemporain européen chez Sotheby’s – bien au contraire, la valeur du tableau aurait déjà augmenté ! 

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