Le street artist Bordalo II vient d’achever une oeuvre gigantesque en 3D dans le XIIIe arrondissement à Paris. Un castor géant pour rendre hommage à la Nature.

 

Artur Bordalo aka Bordalo II est célèbre pour ses oeuvres monumentales réalisées à partir de déchets recyclés. Ce street artiste, originaire de Lisbonne, en a fait son support de prédilection. Il crée des assemblages gigantesques et colorés pour dénoncer les quantités astronomiques de déchets produites aujourd’hui par l’Homme. Ces créations étonnent, émerveillent et nous font réfléchir.

“Je fais partie d’une génération extrêmement consumériste, matérialiste et cupide. L’éducation que nous recevons est dès lors axée sur une consommation exagérée. Avec la production excessive d’objets, en particulier de matériel technologique, mais pas seulement, la production de « déchets » et d’objets non utilisés également, il existe une augmentation proportionnelle à la consommation exagérée de ces mêmes objets. Et je dis « déchets » entre parenthèses car sa définition est très abstraite. Le déchet d’un homme est le trésor d’un autre”.

Sa dernière série baptisée “Trash Animals” (animaux poubelles) nous invite à nous interroger sur notre mode de consommation et ses conséquences destructrices sur la Nature. Morceaux de carton, pneus, tôles sont transformés en sculpture d’animaux sauvages. Depuis le début de l’année, il en a déjà réalisé une trentaine. Dans les rues des grandes villes européennes, vous pouvez ainsi croiser un hibou, un raton laveur ou encore une abeille.

“Je veux recréer des animaux à partir de ce qui les tue, la pollution et les déchets plastiques”

 

En mai dernier, Bordalo II avait déjà fait un passage remarqué à Paris. Invité par l’association le M.U.R (Modulable Urbain Réactif), il avait installé “Lab Rat”, un rat géant sur un mur de la rue Oberkampf.

 

Cette fois, c’est un castor que l’artiste a choisi de réaliser dans le XIIIe arrondissement de Paris. Et c’est au 87 rue de Chevaleret, face à la sortie du métro Bibliothèque François Mitterrand, que l’on peut contempler sa dernière création.

“On cherchait un symbole lié à l’arrondissement. La Bièvre coulait ici jusqu’au XXe siècle et en ancien français, bièvre veut dire castor. En anglais aussi, castor se dit beaver”

L’oeuvre a été réalisé grâce au soutien de la galerie MathGoth et le mécène Emerige, propriétaire de l’immeuble où le castor s’est installé.

D’une hauteur de 8 mètres, cette installation été réalisée en seulement 3 jours. L’équipe de Bordalo II a d’abord fait un tour dans les rues parisiennes à la recherche de déchets et d’encombrants. Chaises, tables, tuyaux, jouets. Tout est bon à prendre. Puis l’équipe s’est attelée à découper ses trouvailles à la scie sauteuse pour les assembler à même le sol et les peindre ensuite.

 

Si on s’en approche, on peut deviner certains objets : des casques de moto pour les pupilles ou des chaises pour les oreilles. En tout, ce sont 14 pare-chocs, 14 poubelles, une maison de poupée, des pneus de vélo et même un toboggan qui ont servi à réaliser cette impressionnante installation.

Bordalo II Almost finished ! #StreetArt #emerige #mathgoth #paris13

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BORDALO II Work in progress. Paris 13. #streetart #paris13 #emerige #mathgoth

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