Clément Richem est un artiste français plurimédia. Il débute avec le dessin, s’essaie à l’estampe puis réalise que pour traiter de son sujet de prédilection, à la fois muse et hantise, le format vidéo est peut-être le plus adapté. Comment en effet mieux exprimer et signifier l’inexorable écoulement du temps que par l’illustration dynamique, le mouvement ?

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Ainsi, Clément s’applique à analyser les effets du temps sur la vie en tant que telle. Loin de s’intéresser seulement au cas de l’humanité, cet artiste mobilise les chairs animales et végétales, les matériaux minéraux et granulaires, les échelles de voisinage et de paysage.

Quoiqu’il porte son attention sur les jeux de l’éphémère et des devenirs, Clément n’a pas pour autant délaissé ses premiers médiums. Une large partie de son travail est en effet toujours composée de dessins, d’estampes, ou encore d’impressions monotypes.

Il s’agit par exemple avec la série Fouilles de saisir par la forme figée le travail de sédimentation et de stratification de l’Histoire. “Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles” proférait Paul Valéry ; rien jamais ne demeure de toute éternité, et c’est en partie précisément cela que Clément illustre par des compositions d’une candeur éloquente.

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L’amalgame entre squelettes, architectures et racines nous rappelle que nous sommes le résultat d’une évolution dont l’ampleur nous dépasse en tout point de vue, et dont nous sommes la trace passagère.

Clément Richem produisit également des sculptures. Sous forme d’installations, elles rappellent les châteaux de sable de nos enfances, malgré une extrême complexité de construction liée à l’échelle de l’oeuvre et aux matériaux mobilisés, lesquels deviendront d’ailleurs poussière.

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D’autres sculptures ,comme celles de la série Pompéi, relèvent d’une approche plus classique. Elles illustrent des scènes de vie des habitants de la cité perdue, entre ruines, pertes et oublis, au moment de l’invasion du magma.

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Les vidéos de Clément sont toutes réalisées en stop-motion. Elles représentent avec force, dans le cosmos ou parmi une oasis, le jeu souvent complexe entre destruction et création qu’implique le passage du temps. L’artiste donne à voir dans ses réalisations vidéos des naissances grandioses tout comme des déliquescences manifestes.

Il y a quelque chose d’infantile dans l’oeuvre de Clément Richem, une sensibilité exacerbée et immémoriale face à l’oeuvre du temps. Temps qui déchire et renouvelle, vomit et génère.

La douceur terreuse des teintes employées par l’artiste plonge le spectateur dans une tranquille mélancolie, un état d’humble résignation face aux grands bouleversements et petites mutations des années.

Mais, encore une fois, ce que propose Clément Richem, c’est moins le drame anthropocentriste de la finitude qu’une prise de vue sur des perspectives d’ensemble. Les vidéos, par exemple, pouvant se situer tant dans une temporalité courte, quelques minutes, que s’étaler sur des millénaires, traitent toujours d’un cadre global.

En somme, à l’extrême vulnérabilité de l’étant, l’on doit opposer la puissance générative de l’être qui traverse l’univers dans son ensemble.

Dessins, 2012

A la recherche de la lumière, 2011

 

(© Clément Richem)

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