La première exposition personnelle néerlandaise de Do Ho Suh, artiste sud-coréen, a lieu au Musée Voorlinden jusqu’en septembre 2019.

Do Ho Suh, Installation view museum Voorlinden, Courtesy the artist, Lehmann Maupin, New York, Hong Kong and Seoul; and Victoria Miro, London/Venice
Photo: Antoine van Kaam

Nous et l’espace

L’univers de l’artiste se constitue d’expériences personnelles rappelant des souvenirs enfouis. Ses installations architecturales questionnent les relations entre l’espace et nous-mêmes. Caché entre les rêves et le réel, le spectateur ne peut se poser qu’une seule question : suis-je chez moi ? Car qu’est-ce qu’être chez soi ? A quel espace appartient-on ? Pourquoi ces lieux nous sont-ils familiers ?

Do Ho Suh, Installation view museum Voorlinden, Courtesy the artist, Lehmann Maupin, New York, Hong Kong and Seoul; and Victoria Miro, London/Venice
Photo: Antoine van Kaam

Les œuvres de Do Ho Suh soulèvent tant d’interrogations ! A travers ses bâtiments, répliques de ses anciennes maisons, il construit une histoire, une biographie toute naturelle, qui devient alors propre à chacun. Ainsi, ses œuvres structurales, ses dessins et ses maquettes se trouvent être des thèmes communs, comme ceux de la mémoire ou de l’identité.

«Je vois la vie comme un couloir sans point de départ ni destination fixe. Nous avons tendance à toujours nous concentrer sur la destination, nous négligeons donc toutes les lacunes. ” 

Do Ho Suh, Installation view museum Voorlinden, Courtesy the artist, Lehmann Maupin, New York, Hong Kong and Seoul; and Victoria Miro, London/Venice
Photo: Antoine van Kaam

Migration comme poétique de l’espace

En pleine ère de mondialisation, l’artiste dessine et décortique la question de l’espace face à celle de l’appartenance. Ainsi, à travers son travail, il peint cette sensation de détachement, d’identité et de déracinement : la communauté se retrouve confrontée à l’individualité.

Le parcours personnel de Do Ho Suh le pousse à imaginer sa conception cartographique. La différence entre l’Amérique et la Corée du Sud est pour lui une source d’inspiration.

Do Ho Suh, Installation view museum Voorlinden, Courtesy the artist, Lehmann Maupin, New York, Hong Kong and Seoul; and Victoria Miro, London/Venice
Photo: Antoine van Kaam

Cette exposition présente notamment des vêtements sur des cintres comme des ombres de notre propre identité, mais surtout, ses œuvres célèbres : des structures fines et colorées, squelettes d’espaces aux tissus légers. Dans son projet, l’artiste imagine des maisons transportables. Ainsi, ses structures presque fantomatiques peuvent être pliées et rangées.

Pour concevoir ses œuvres fragiles, Do Ho Suh a utilisé des techniques de couture coréenne, et l’effet semble nous transporter dans un monde aéré, léger et insouciant. Un style de vie presque minimaliste.