Jusqu’au 15 juin se tient une exposition sur Donald Judd à la Galerie Ropac Marais. Retour sur cet architecte de la géométrie, mais aussi de la philosophie, dont les formes interrogent  sur la beauté, l’existence ou la différence.


Photos: Thomas Lannes, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg
© Judd Foundation / Adagp, Paris, 2019

Une présence physique

Donald Judd aimait les formes, mais chérissait aussi la matière. Ainsi, entre acier, aluminium, plexiglas ou béton, ses œuvres pouvaient créer un espace unique, installées au mur ou au sol. L’exposition du sculpteur américain souligne cette rupture avec la sculpture moderne de part ses œuvres qui dessinent une vérité authentique.

Retraçant la vie de cet artiste influent de l’après guerre décédé en 1994, l’exposition réussit à retransmettre la présence physique de ses œuvres . Flavin Judd, son fils et commissaire de l’exposition, a ainsi sélectionné des travaux qui ont pour thème la matière, l’espace, la nature, la forme, et la couleur.


Photos: Thomas Lannes, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg
© Judd Foundation / Adagp, Paris, 2019

Se concentrant sur le volume, Donald Judd n’était pas dans la retouche, mais dans l’utilisation brut de la matière. Ses travaux, présentés pour la première fois en France, marquent son art non-représentationnel.

« Don disait qu’il voulait faire un art qui était « tout à la fois », compréhensible d’un seul regard en quelque sorte. Non pas qu’il suffisait d’une seconde pour le voir, mais plutôt que l’on comprenait qu’il ne contenait aucune contradiction interne, qu’il était ouvert aux possibles. Pour lui, l’œuvre pouvait avoir un mystère car il y avait quelque chose qui était là, que l’on ne saisissait pas encore, mais avec le temps cela deviendrait clair. Don voulait créer un art du présent, contre le temps et contre le récit, comme un film qui dévoile tous ses plans à la fois, rapide et immédiat, nul besoin de traduction, ni de langage, ni d’explications. Don voulait faire un art qui traitait la réalité directement et ne participait pas à l’adapter à l’homme. Il y a pour lui une ligne directe qui mène d’un art clair à une pensée claire puis à une position morale et politique claire et enfin à une manière de vivre. Le fondement de l’art, du design, de tout, est de comprendre le monde physique et non de le contredire. »


Flavin Judd / catalogue d’exposition


Photos: Thomas Lannes, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg
© Judd Foundation / Adagp, Paris, 2019

Les volumes de Donald Judd

Au sein du projet, vous retrouverez par exemple Untitled 1963, une œuvre tridimensionnelle rappelant son passage de la peinture à la sculpture. Pour lui, une liberté. Son Untitled 1970, tube en aluminium placé sur huit boîtes elles aussi en aluminium, mesure plus de 6 mètres et définit elle-même l’espace dans laquelle elle se trouve. Untitled 1989, cube à la face intérieure bleue, capture la lumière pour jouer sur des effets de volume.

Donald Judd, figure importante du minimalisme et du mouvement, naît en 1928. Il étudie la philosophie et l’histoire de l’art et commence sa carrière artistique dans les années 1950 avec la gravure sur bois, puis s’oriente vers une peinture expressionniste abstraite. Dans les années 1960, il se détache de la peinture et utilise des matériaux industriels pour réaliser des formes disposées dans un espace. Il commence par des structures au sol puis passe à des structures murales de formes rectangulaires.


Photos: Thomas Lannes, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg
© Judd Foundation / Adagp, Paris, 2019

Photos: Thomas Lannes, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg
© Judd Foundation / Adagp, Paris, 2019

Photos: Thomas Lannes, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg
© Judd Foundation / Adagp, Paris, 2019