2017 est une année phare pour Le Havre : la ville a fêté les 500 ans de sa fondation par François 1er. Pour célébrer ce demi-millénaire, était organisée une grande manifestation culturelle commissionnée par Jean Blaise : Un Été Au Havre. Découverte en images de cette ville singulière, surprenante et qui a bien plus à offrir qu’il n’y paraît.

Photo © Erik Levilly

Une ville Instagrammable

 

“Catène de containers” de Vincent Ganivet

L’installation monumentale s’est rapidement imposée comme l’emblème d’Un Été au Havre. Forte de  ses 36 containers, elle met à l’honneur la vie maritime de la ville, 1er port européen pour le trafic de conteneurs. Habituellement bien ordonnés sur leur cargo, ces conteneurs multicolores mettent le Quai de Southampton en fête et défient les lois de la gravité avec leurs 30 mètres de haut. Là où Monet peignait un matin de 1842 son chef-d’œuvre “Impression soleil levant” se trouvent désormais deux arcs-en-ciel permanents. Vincent Ganivet a donné au Havre son propre Arc de Triomphe, au bout de la rue de Paris.

 

 

 

 

Photo © Brice Retout

Photo © Maxence Gentil

La Patrouille de France au dessus de la Catène de Containers – Photo © Jacques Basile

En construction – Photo © Maxence Gentil

En construction – Photo © Maxence Gentil

En construction – Photo © Maxence Gentil

 

“UP#3” de Sabina Lang et Daniel Baumann

Une sculpture pleine de sens qui fait écho à l’architecture du centre-ville. Détruit à 80% après les bombardements de 1944, ce dernier fut reconstruit par Auguste Perret en un temps record dans les années 1950. La sculpture de Lang et Baumann trône dans le prolongement direct de la Porte Océane, ornant sa perspective sur la mer et s’imposant comme une ultime étape avant l’étendue salée. Ses durs angles droits et son blanc éclatant sont non sans évoquer le style brutaliste de Perret. La comparaison est encore plus évidente lorsque le soleil couchant fait rougir la sculpture qui rappelle alors le béton rose caractéristique du centre-ville Perret. On ne vous le cache pas, UP#3 est notre coup de cœur Havrais de l’été.

 

 

Photo © Jacques Basile

Photo © Maxence Gentil

 

“Impact” de Stéphane Thidet

Stéphane Thidet ancre dans le Bassin du Commerce une oeuvre monumentale, à l’image de cette ville maritime où l’air et l’espace sont maîtres. Outre la forte impression laissée par cet impact éclaboussant de 60 mètres de long, l’installation séduit par son aspect imprédictible, puisque sa mise en marche n’est pas régulière. Un magma d’eau se forme de nulle part, puis disparaît en un nuage. Cette oeuvre offre ainsi une animation supplémentaire au centre-ville, juste en face du Volcan, Scène Nationale. Quand la Cité Océane devient la nouvelle Genève française

 

Deux Photos ci-dessus © Stéphanie Boin

Deux Photos ci-dessus © Stéphanie Boin

 

“Couleurs sur la plage” de Karel Martens

Prendre des couleurs au Havre ? Easy. Si, si, les cabanes sur la plage en sont la preuve incontestable. Le designer néerlandais Karel Martens a donné du peps à la plage et à la ville. Finie la déprime des jours gris face à ces quelques 713 cabanes colorées. Symboles du Havre et souvenir de la station balnéaire sans doute la plus prisée du XIXème siècle, les cabanes sont usuellement blanches. Qu’en retenir ? Live colorfully !

 

Photo © Stéphanie Boin

Photo © Ulysse Pimont

 

“Accumulation of Power” de Chiharu Shiota

Et si l’art contemporain investissait l’architecture religieuse ? C’est un pari toujours osé mais une association qui matche avec Chiharu Shiota. L’artiste a utilisé 391 km de laine pour installer une de ses monumentales œuvres dans la nef de l’Église Saint Joseph. Cette “accumulation d’énergies” fait écho au symbole incarné par l’église reconstruite par Auguste Perret : un cierge brillant pour le retour de la paix.

 

Photo – Stéphanie Boin

 

“Temple aux 5000 voeux” de La BazooKa

Le Japon et Le Havre plus proches que jamais avec cette oeuvre poétique et participative. Curieux et passants sont enjoints à s’aventurer sur le Bassin de la Barre pour rejoindre le Temple, îlot solitaire en son milieu. On découvre l’installation qui finalise un voyage dans le temps en 7 étapes, un parcours réminiscent notre propre passé pour mieux envisager le futur. C’est le moment de déposer notre voeu, une idée, une pensée, un souhait. On en compte 25’000 en tout.

 

 

“Jardins Fantômes” de Baptiste Debombourg

Les Jardins Fantômes évoquent les racines du Havre en rendant hommage à son fondateur, François 1er. Ces motifs de métal accrochés sur les murs du Bassin du Roy sont inspirés des décorations de la chambre de l’instigateur de la Renaissance en France dans son Château de Blois. Avec le temps et les marées, la nature reprendra le dessus sur ces structures et faune et flore marines viendront les orner, de sorte à créer un jardin marin à la française.

Photo © Stéphanie BoinPhoto – Stéphanie Boin

 

“Venus et Mars” de Félicie d’Estienne d’Orves

Mille et une lumières ornent les 2 cheminées de la centrale thermique EDF, comme deux bougies pour fêter les 500 ans du Havre. Félicie d’Estiennes d’Orves a mis en place 476 LEDs sur ces deux tours de 240 mètres de haut. Le plus ? Leur consommation électrique est l’équivalent de celle de deux machines à laver. Une oeuvre visible à 50 km à la ronde qui fait du Havre une ville lumière.

 

Photo © Maxence Gentil

Photo © Maxence Gentil

 

“Love Love” de Julien Berthier

Julien Berthier a installé dans le Bassin Vauban un petit voilier. Ne vous en réjouissez pas, son état n’est pas des meilleurs. Il est incliné de telle sorte qu’on le croit en plein naufrage. Un naufrage permanent. Le visiteur est témoin d’une catastrophe en action, d’une future épave mise dans un état intermédiaire et inconfortable.

 

Photo © Artevia / Boris Gentine

 

“Catch me if you (spray) can” de Jace

Les Gouzous ont envahi la ville ! Pour fêter les 500 ans de sa ville natale, le street artist Jace a graffé 51 de ces petits personnages. Souvent drôles, parfois dénonciateurs et toujours attachants, ces êtres ont fait l’objet d’une grande chasse menée avec beaucoup d’enthousiasme par les Havrais, fans dès la première heure.

 

 

“Parabole” d’Alexandre Moronnoz

Une oeuvre d’art qui rapproche les gens. C’est l’ambition de l’installation en bois d’Alexandre Moronnoz, qui est devenue un nouveau lieu de vie dans la ville haute, à Caucriauville. Comme une parabole de télécommunications, elle connecte les individus qui se sont vite appropriés l’oeuvre.

 

 

“Altoviseur” de Julien Berthier

Un rétroviseur géant installé sur une gare. C’est l’idée qu’a eue Julien Berthier pour Le Havre, ce bout du monde. Son oeuvre révèle aux Havrais la skyline si particulière de leur ville, dont le centre est inscrit depuis 2005 au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

 

“Le Temps Suspendu” par le studio Chevalvert

Cette installation a pour but de laisser au Havre une mémoire vivante de ses 500 ans. Tout au long de l’année, seuls les Havrais ont pu participer au projet “Clic Clac”, une épopée photographique faite pour récolter un maximum de portraits. Et c’est plus de la moitié de la ville qui ont tenté cette aventure commune dont le résultat est cette installation, “Le Temps Suspendu”. Quelques 120’000 Havrais sont entrés dans la postérité en devenant un souvenir de la ville cinq fois centenaire.

 

Photo © Urban (CommonsWiki)

 

Les grands temps forts

 

La journée d’ouverture (27 mai)

Au programme du coup d’envoi d’Un Eté au Havre : une grande parade pensée par Fanny Bouyagui du studio Art Point M, un triple-concert sur la plage avec Electro Bamako, Catherine Ringer et La Femme et une scène électro avec Ellen Allien, Âme, Agents Of Time, Péo Watson, Jonny Woo et bien d’autres.

 

Franciscopolis, une histoire issue de la Saga des Géants de Royal de Luxe (du 7 au 9 juillet)

700’000 visiteurs se sont déplacés pour le retour de “leurs” Géants au Havre, après 11 ans d’attente. De la magie pour toutes les générations de Havrais.

 

Les Grandes Voiles du Havre (du 31 août au 3 septembre)

Pendant 4 jours, 30 des plus grands et plus beaux voiliers du monde ont célébré la Cité Océane, sa  vie portuaire et son glorieux passé maritime. 400’000 visiteurs ont assisté au seul rassemblement de voiliers français de l’année.

 

Le jour du grand anniversaire (8 octobre)

1517-2017. 500 ans fêtés le 8 octobre avec concerts, parcours visuel et sonore, inauguration de l’installation “Le Temps Suspendu” et le passage de la Patrouille de France.

 

Photo © Anne-Bettina Brunet

 

Des expositions événement

 

“Impression(s) soleil” au MuMa (du 10 septembre au 8 octobre)

“Impression, soleil levant”, le chef d’oeuvre de Monet, était de retour pour un mois dans sa ville d’origine. Étaient aussi à admirer une trentaine d’oeuvres de Turner, Le Gray, Boudin, Dufy ou encore Vallotton, réunies autour de la thématique du soleil à son lever ou à son coucher. Avec une trentaine d’oeuvres. Une exposition événement qui a mis en valeur Le Havre en tant que berceau de l’impressionnisme. Ce n’est pas moins de 90’000 personnes qui ont visité le MuMa pendant la période d’Un Eté au Havre.

 

“Clair-obscur” de Pierre et Gilles au MuMa (du 27 mai au 20 août)

Une carte blanche à Pierre et Gilles comptant 80 oeuvres du couple d’artistes devenu iconique. Madonna, Audrey Tautou, Jean-Paul Gaultier, Stromae, Isabelle Huppert… Quelques-uns parmi les nombreux artistes et célébrités que Pierre Commoy photographie et Gilles Blanchard sublime au pinceau, le tout empreint de références à la mythologie, religions et culture populaire.

 

Marianne (Zahia Dehar), 2015, © Pierre et GillesMarianne (Zahia Dehar), 2015, © Pierre et Gilles

 

“Smart Factory” au Tetris (du 27 mai au 8 octobre)

Une exposition d’art numérique mettant le visiteur au coeur de la création artistique et questionnant la place présente et future des nouvelles technologies dans l’art.

En savoir plus sur l’une des artistes exposés : Karina Smigla-Bobinski And ADA, Her Spiky Balloon

 

“ADA” – Photo © Karina Smigla Bobinski

 

“Villes Flottantes” aux Docks Vauban (du 27 mai au 8 octobre)

Une exposition hommage aux géants des mers en mettant en scène leurs modèles réduits, des maquettes sillonnant la salle comme un océan.

 

“Les Passagers du son” par Charlotte Roux au Port Center (du 27 mai au 8 octobre)

10 escales dans un voyage sonore qui part à la découverte de la vie portuaire à travers les sons qu’on y entend. 20’000 passagers embarqués le temps d’Un Eté au Havre.

 

Exposition au Portique

Vincent Ganivet, Stéphane Thidet et Julien Berthier, qui ont également exposé dans l’espace public, étaient réunis autour de la thématique des échelles et de la matière.

 

 

Vincent Ganivet, Vue de l’exposition © Simon Desloges - Courtesy de l’artiste

Vincent Ganivet, Vue de l’exposition © Simon Desloges – Courtesy de l’artiste

 

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