La galerie Dilecta accueille le collectif d’artistes ukrainien Gorsad Kiev. Leur exposition “Sour Patch Kids” (du nom d’une marque de bonbons acidulés) célèbre les kids de la contre-culture ukrainienne.

Ils sont trois. Masha, Ulik et Vitja. Ils forment un collectif, Gorsad. Littéralement, le nom veut dire cité-jardin. C’est aussi le nom d’une place de la ville d’Odessa, une place sur laquelle s’est scellée leur amitié. Nés dans les années 1980, ils ont grandi dans un pays de l’ex URSS. L’Ukraine, longtemps sous le contrôle de l’Union Soviétique, s’est ouverte brutalement à la société de consommation dans les années 1990. Leur génération a ainsi grandi à une époque où sexe, coca-cola et jeux d’enfants sont entrés en collision.  

Une jeunesse rebelle

En se nourrissant de leur passé, ils immortalisent la jeunesse ukrainienne. Une jeunesse qui grandit dans un pays à nouveau bouleversé par les événements entre la Crimée et la Russie. Leurs regards contrastent avec ce que l’on peut voir dans les médias occidentaux. Mais surtout, leurs clichés dérangent. Ils photographient la contre-culture ukrainienne et la jeunesse pervertie de leur pays.

Leurs photos sont à la fois irrévérencieuses, saisissantes, obscènes et effroyables. Il est question de sexualité, de violence, de religion chez l’enfant et l’adolescent. Des photos provocantes, qui révèlent la brutalité du monde dans lequel la jeunesse est amenée à grandir, souvent trop vite. Un monde où les adultes abusent de leur autorité sur les enfants. Gorsad Kiev sonne alors comme un cri de guerre.  Le collectif veut montrer au monde un autre aspect de cette jeunesse ukrainienne. Une jeunesse rebelle, révoltée et alternative. Leur créneau est simple, la permissivité de la jeunesse comme remède. Ces enfants choisissent la liberté pour répondre à la violence du monde adulte.

“Transmettre un certain état d’esprit de la jeunesse. Plus on vieillit, plus on a tendance à devenir conservateur et c’est très triste. La permissivité de la jeunesse c’est ce qui guérit, même dans les situations les plus difficiles”

 

Gorsad Kiev fait le portrait d’enfants punks sous un angle froid et cru, et nous fait ressentir un certain malaise face à leurs clichés. Le collectif joue sur les stéréotypes et s’amuse à détourner des éléments de la pop-culture sur un ton insolent et provocant. Il nous invite à reconsidérer la notion de pouvoir et de domination entre l’adulte et l’enfant. Avec en arrière plan, la critique des excès du libéralisme et du capitalisme, où l’argent roi détruit les valeurs de nos sociétés.

“C’est tout ce que nous avons, ces stéréotypes, et on les adore ! C’est pour ça que nous sommes à la recherche des personnes les plus originales, étranges, authentiques et indépendantes qui existent”

 

Exposition jusqu’au 9 décembre 2017. Les Editions Dilecta proposent également un portfolio de trois photographies, “Tricks and Treats”, limité à 25 exemplaires.

Crédits photo : all rights reserved © Gorsad Kiev, Courtesy galerie Dilecta

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