Guy Yanai, ce conteur de fables

C’est la deuxième exposition personnelle de Guy Yanai, artiste aux douces fables, chez Praz-Delavallade. Elle s’intitule « The Conformist » et durera jusqu’au 25 mai.

Fables

Histoires, mythes, comptines, proverbes, ce sont sûrement toutes les inspirations de cet artiste du quotidien, qui dans chaque coup de pinceau, chaque aplat de peinture, expose une tranche de vie, celle qui vous rappelle que vous étiez un jour enfant. Qui vous rappelle que chaque bride d’existence et de souvenirs avait son importance, comme une Madeleine de Proust. Si simplement. Et si doucement.

Petit bateau, ciel paisible, lampe douce, cactus affectueux, sourires : les images s’assemblent entre elles chez Guy Yanai pour créer comme un arrêt dans le temps, une porte ouverte aux milles couleurs, où existe seulement la poésie d’un songe. Tout à fait intemporel.

Courtesy: Guy Yanai & Praz-Delavallade Paris, Los Angeles © Rebecca Fanuele

Conformisme

Mais, que veut dire conformiste ? Ce mot qu’on crache, qu’on hurle, qu’on aime parfois porter ou qu’on déteste à l’âge de la puberté. Guy Yanai y a longuement réfléchi, au sens, à l’essence de ce vocabulaire, de cet adjectif creux. Et pourtant, il y a vu de l’Art. Cela lui a également rappelé le roman « Le conformiste » d’Alberto Moravia et son personnage si particulier.

Dans cette œuvre, le protagoniste, dans la police secrète sous Mussolini, contrôle toute sa vie sans réussir à lâcher prise. Pourtant, le roman nous laisse comprendre, que derrière cette silhouette calme, se cache une âme bien tourmentée. Perdue entre les règles de la société et celles qui lui semblent justes.

Courtesy: Guy Yanai & Praz-Delavallade Paris, Los Angeles © Rebecca Fanuele

Ce conformisme, Guy Yanai le reprend pour en extraire ses réflexions sur le monde de l’art. Se conformer. Se glisser dans la peinture encore fraîche d’une société d’artistes, celle d’aujourd’hui. Celle qui ne fait que changer.

Ses œuvres majeures de l’exposition, Dinin Room, Standard West Hollywood et Normandie, illustrent trois lieux, trop différents pour s’entendre. La salle à manger, espace intime de l’artiste, l’intérieur de son hôtel à Los Angeles et un village où il n’est jamais allé : voilà de quoi imaginer des situations humaines et quotidiennes dans l’art de Yanai.

A la David Hockney ou parfois à la Matisse, les couleurs utilisées sont acidulées, les formes bien imbriquées et les couches de peinture très délimitées. Un art presque digital, où le pragmatisme révèle l’humanité de chacun dans ses espaces intimes et solitaires.

Courtesy: Guy Yanai & Praz-Delavallade Paris, Los Angeles © Rebecca Fanuele
Courtesy: Guy Yanai & Praz-Delavallade Paris, Los Angeles © Rebecca Fanuele

Courtesy: Guy Yanai & Praz-Delavallade Paris, Los Angeles © Rebecca Fanuele

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