Jean-Baptiste Sauvage, artiste marseillais, travaille un art du moment et de l’espace, notamment à travers la sculpture, la peinture et même l’édition. Un travail in situ, où le support n’est jamais prédit. L’environnement qui l’entoure devient donc une forme à explorer et à greffer. Ancré dans un lieu, son art contextuel y répond. On remarque, toutefois, une évolution dans son travail, qui dans un premier temps relevait d’un aspect assez fonctionnaliste, mais qui se rapproche aujourd’hui d’une vision plus esthétique.

Vitrine

Depuis 2011, Jean-Baptiste Sauvage travaille sur une série d’installations et de photos : « Vitrine ». L’artiste transforme des lieux inoccupés en de véritables ombres chinoises au caractère mystérieux. A l’intérieur, il place une végétation luxuriante, juste derrière les baies vitrées des bâtiments, pour que, de l’extérieur, la vision cinématographique de cette scène apporte une projection poétique et secrète. Les néons, qui permettent le jeu d’ombres et de lumières, s’allument durant 30 minutes chaque nuit.

Cette série, toujours située dans des environnements urbains, est une réflexion sur l’espace et son agencement. Mais elle questionne, aussi, le regard d’autrui dans une approche plus sculpturale.

©Jean-Baptiste Sauvage

©Jean-Baptiste Sauvage
©Jean-Baptiste Sauvage

Olt

Jean-Baptiste Sauvage a aussi travaillé sur un autre projet durant plusieurs années. Celui de son association avec Olivier Mosset. Les deux artistes, aux affinités artistiques proches, se sont interrogés sur la production des « signes » à travers la peinture, l’architecture, mais aussi sur le graphisme dans la publicité. Ils ont alors repris le concept de la campagne publicitaire de la marque Elf dans les années 60, qui avait affiché des ronds rouges de plusieurs mètres aux abords de nombreuses stations-service. Jean-Baptiste Sauvage et Olivier Mosset baptisent leur projet « Olt ». A travers une recherche sur cette campagne publicitaire et les personnes qui y ont participé, ils mettent en place des essais graphiques dans plusieurs espaces.

©Jean-Baptiste Sauvage

Dans cette réflexion se retrouvent donc les œuvres des deux artistes. Comme Cercle noir d’Olivier Mosset, qu’il reproduira par la suite près de 200 fois. S’interrogeant ainsi sur l’originalité dans l’art et surtout sur le passage de la peinture à la publicité, ce cercle devient progressivement un logo sans cesse répété.

De son coté, Jean-Baptiste Sauvage continue à s’intéresser à l’art dans l’espace public et notamment dans le graphisme publicitaire. Comme avec « Disque jaune sur fond bleu » ou « Disque blanc sur carré rouge ».

©Jean-Baptiste Sauvage

L’exposition Olt est ainsi une combinaison entre les archives de la campagne publicitaire Elf et les travaux récents ou plus anciens des deux artistes. Ces derniers ont aussi une passion commune pour la moto. Signe de rébellion, de vitesse et de liberté, la moto construite par Jean-Baptiste Sauvage semble jouer un rôle divin au cœur du projet. On y retrouve par ailleurs le style de l’artiste rappelant ses œuvres antérieures. Citons par exemple Razzle Dazzle, qui interroge les signalétiques du camouflage.

©Jean-Baptiste Sauvage