Du 24 au 26 novembre 2017, le centre d’art et de danse Elephant Paname à Paris accueillait les artistes Joris Henne et Natasha Lacroix. Le duo exposait en tant que lauréat du prix Icart-Artistik Rezo. La distinction, qui récompense les jeunes artistes français, fête cette année ses dix ans.

Prix Duchamp, Prix Ricard, Prix Dauphine, résidence Icade ou encore bourse Révélations Emerige : décidément, les distinctions artistiques ont le vent en poupe en ce moment.

Avec les musées et les groupes immobiliers, les écoles d’art privées ont investi ce créneau porteur. Depuis dix ans, l’ICART organise ainsi, en collaboration avec le média culturel Artistik Rezo, un prix dédié à la jeune création contemporaine.

 

Le prix Icart-Artistik Rezo

Le prix Icart-Artistik Rezo est décerné depuis 2008 à un artiste français de moins de 35 ans (tous supports confondus). Il récompense le talent d’un jeune créateur et lui apporte un soutien durable sur le chemin de son insertion professionnelle. La dotation financière s’élève à 3 000 euros. Le lauréat est également invité à organiser un solo show dans une galerie parisienne.

Joris Henne & Natasha Lacroix, Beauty, “journey to the Dead Sea” © THE FARM / Frédéric Clad

Joris Henne & Natasha Lacroix, Beauty, "journey to the Dead Sea"

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Le prix Icart-Artistik Rezo occupe une place assez discrète sur la scène artistique nationale. Pourtant, il pourrait bientôt faire parler de lui à grande échelle. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un œil sur la liste des personnalités composant le jury de l’édition 2017. Celui-ci comptait, entre autres, la présence de l’ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres, du commissaire-priseur Pierre Cornette de Saint-Cyr, ou encore de Marta Gili, directrice du Jeu de Paume.

Dans la pratique, le prix Icart-Artistik Rezo se déroule en deux phases. Le jury sélectionne d’abord une dizaine d’artistes pour la phase finale. Les candidats organisent un group show afin de présenter leur travail au public. Cette année, celui-ci s’est tenu au centre Artasia (Paris).

Les artistes sélectionnés en 2017 étaient : A.i.l.o., Barbara Fulneau, Bruno Gadenne, Vanessa Gandar, Lara Gueret, Angèle Guerre, Joris Henne et Natasha Lacroix, Aimée Moreni, Alexia Sellem et Amandine Simonnet.

Au terme des délibérations, c’est le duo d’artistes Joris Henne et Natasha Lacroix qui a été élu lauréat de l’édition 2017. Angèle Guerre s’est également vue récompensée pour la qualité de son travail.

 

Joris Henne et Natasha Lacroix

Joris Henne et Natasha Lacroix sont tous deux diplômés de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Ils ont déjà été exposés auparavant dans d’importantes galeries parisiennes (Suzanne TarasieveThaddaeus Ropac). Leur travail créatif se matérialise dans l’utilisation de divers supports d’expression (installation, sculpture, dessin, photographie).

Vue de l’exposition à l’éléphant paname © THE FARM / Frédéric Clad

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L’œuvre, présentée par Joris Henne et Natasha Lacroix à l’occasion du prix Icart-Artistik Rezo, s’intitulait “A journey to the Dead Sea”. L’installation présentait une étrange sculpture zoomorphe en résine, nommée “Beauty”. Prochainement, Joris Henne et Natasha Lacroix accompliront un voyage en Méditerranée, au terme duquel ils immergeront Beauty dans la Mer Morte pendant un mois. Les artistes confieront ainsi le soin à la nature de finir le travail…

Façonnée par la corrosion du sel, “Beauty” sera ensuite récupérée, puis ramenée à Paris pour être exposée. Dès le départ, la sculpture est ainsi conçue comme une oeuvre opérant la synthèse entre la main de l’homme et l’érosion de la nature.

“À la fois chimérique, monstrueuse et belle, Beauty [a traversé] les mers à nos côtés et nous [lui avons donné] vie tout au long de ce voyage”, commentent Joris Henne et Natasha Lacroix.

Une véritable “Expédition plastique”, complétée par un deuxième volet. Celui-ci met en scène le rêve de deux aventuriers voguant à travers les mers et les océans. Ce sont ces deux aspects d’une même quête que les artistes présentaient à l’Elephant Paname, il y a quelques jours.

Pour le reste, libre au spectateur de s’interroger et de rêver… Beauty évoque-t-elle le squelette d’un animal préhistorique ? Ou s’agit-il plutôt d’une créature monstrueuse, sortie tout droit de l’imaginaire d’H.P. Lovecraft ? Entre l’art de l’homme et l’art de la nature, il ne saurait exister de frontières.Le voyage dans le réel invite à s’ouvrir au monde de l’imaginaire. La poésie advient et nous emporte dans le monde des rêves.

Nicolas Laurent

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