Le photographe Justin Dingwall transforme les perceptions. Ainsi, la peur de l’inconnu devient une admiration pour le différent. Le Beau.

En sublimant le corps de Moostapha Saidi, modèle sud africain, le photographe illustre avec symbolisme un clair-obscur moderne dans cette série de photos « A Seat at the Table ». Pierres précieuses et yeux grands ouverts, on ne voit que lui. Toujours.

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L’artiste tend à exprimer ce sentiment d’être observé de tous. Tel un inconnu bien trop différent des autres. Le corps du modèle est donc ici objectivé, dessiné et modélisé. Le blanc marquant les contours délimités de ces morceaux de peau.

Contraste.

Justin Dingwall a discuté avec Moostapha Saidi, victime du vitiligo, pour diriger sa création visuelle. Son but : faire entendre sa voix et celle de tous les différents, les « non-ordinaires ».
Il retourne le miroir, laissant alors nos yeux, plus que fixés sur nous-même. Nos idées reçues. Notre obsession de l’apparence.

Corpus dénonçant les médias et leurs perspectives subjectives, le photographe rend hommage à toute l’unicité précieuse de Moostapha Saidi. Ce dernier, grâce à l’image perçue par l’artiste, a gagné confiance en lui. Et ce qui était risque de moqueries est devenu une fierté. 

«A Seat at the Table» a aussi aidé Saidi à réaliser son rêve de devenir modèle, puisqu’il vient de signer pour une agence en Afrique du Sud.