La pieuvre, figure majeure du projet de Laure Prouvost pour cette 58eme édition de la Biennale de Venise, ravira les spectateurs par sa symbolisation mystique et poétique. Accompagnée de Martha Kirszenbaum, les deux femmes présentent « Deep See Blue Surrounding You » à partir du 11 mai.

Laure Prouvost

Laure Prouvost crée des installations immersives qui interrogent cette frontière floue entre fiction et réalité, mais aussi entre culture et individualité. L’artiste joue avec les images à travers une multitude de medium (collages, dessins, photos, tapisseries…), mais son outil-phare reste le langage. Elle l’utilise pour parler d’autrui, de l’autre, des autres vis-à- vis de soi-même.

Installée à Londres pour ses études à la Central Saint Martins et au Goldsmith College, elle obtient le Turner Prize en 2013. Aujourd’hui, elle vit entre Londres, Anvers et le désert Croate.

Courtesy Alexandre Guirkinger

Martha Kirszenbaum

Martha Kirszenbaum est une commissaire d’exposition et une critique. Elle a fondé Fahrenheit, un centre d’art contemporain à Los Angeles. L’an dernier, elle a participé à la Biennale d’art de Venise en faisant partie du jury du pavillon estonien.

Un road trip audiovisuel

La Cité Pablo Picasso à Nanterre est le point de départ d’un road trip identitaire, qui sera l’essence du projet audiovisuel de l’artiste parcourant par la suite Paris, Roubaix, la Drôme, le Palais Idéal du Facteur Cheval, Marseille, pour enfin atterrir à Venise.

Les personnages de ce film onirique semblent réels, comme leurs histoires. Mais le sont-ils vraiment ? Flûtiste, rappeur, prêtre, ancienne productrice de radio… Ils nous invitent dans un rêve, où se racontent histoires absurdes et anecdotes alléchantes. Ainsi, un grand-père aurait creusé un tunnel de son salon à Londres jusqu’en Afrique.

Au travers d’un questionnement existentiel, Deep See Blue Surrounding You s’accompagne également d’une installation sculpturale qui prend vie à l’intérieur et à l’extérieur du pavillon.

Courtesy Martha Kirszenbaum

Pieuvre et poésie

J’ai choisi la pieuvre car elle déploie son cerveau dans tous ses tentacules. La pieuvre veut toucher pour comprendre. Elle pense en sentant, elle sent en pensant. Son grand problème est qu’elle n’a pas de mémoire

Laure Prouvost

La pieuvre, symbole phare de son exposition, guide les spectateurs dans des univers entremêlés et hypersensibles. Dans cette atmosphère liquide, le néant des profondeurs océaniques renvoie à nos origines.

Dans le ventre même de cette pieuvre, métaphore d’un long voyage initiatique, son œuvre audiovisuelle sera accessible au public, comme le noyau de l’exposition. A la fois loufoque et touchante, elle invitera à une perception onirique et provocatrice rappelant ses inspirations dadaïstes.