Le domaine du graphisme et du design ne cesse d’évoluer. Certains artistes ont décidé de l’utiliser dans une perception multidimensionnelle. Ils sont les nouvelles figures du surréalisme.

Attirés par les dystopies

Alessio De Vecchi vient d’Italie, mais il a déménagé à Tokyo par amour pour l’hyper-urbain à la Blade Runner. Une ville qui l’inspire dans son travail. Il essaye de raconter la solitude au sein de cette forte densité humaine.

Ses références sont des plus classiques avec David Lynch ou Cronenberg. Mais toujours dans une vision dystopique.

Comme souvent, les Motion designers sont des fans de cinéma. Maxime Zhestkov, installé en Russie, a réalisé un court métrage « Element ». Il raconte, à travers l’utilisation de la 3D, une histoire ou plutôt l’Histoire : de l’art, l’amour et la nature. Ainsi, Zhestkov réalise un environnement de milliards de particules qui se croisent, fusionnent et s’entrechoquent. 

Dans un espace blanc –galerie simulée-, les billes noires et blanches ne semblent plus s’arrêter, entrainées dans un véritable ballet naturel.

Pour son projet «Layers», film d’art numérique 4K, des volumes géométriques sont générés par l’ordinateur. Ils sont sombres et imposants, mais lorsqu’ils se creusent, on aperçoit en leur noyau de multiples couches de couleurs.

«Toute composition doit commencer par un ou deux éléments principaux. Plus les éléments sont petits, plus ils devraient être nombreux. Vous devez commencer avec une ou deux idées principales et construire progressivement les éléments les plus petits jusqu’à ce que l’espace devienne riche en vie. ”

Andreas Wannerstedt, artiste suédois, se différencie quelque peu des autres artistes par l’environnement qu’il choisit de créer. En effet, l’artiste opte pour un espace de satisfaction très perfectionniste. Avec des graphismes épurés et colorés, les vidéos se répètent en boucle et il est difficile de s’en décrocher.

Comme il le dit lui-même, son oeuvre illustre « ce sentiment inexplicable que nous connaissons tous ». Une satisfaction de l’ère internet rappelant les effets de l’ASMR “Autonomous Sensory Meridian Response” sur notre cerveau : il devient complètement détendu.

Ce qui leur plaît, c’est l’art de l’immédiat. La 3D était alors pour eux une nécessité.

Des outils futuristes et beaucoup d’imagination

Cinema4D, Houdini ou Octane Renderer, ce sont les logiciels qu’utilisent ces Motion designers. Ils permettent de modéliser et surtout de créer le mouvement. Zhestkov utilise par exemple l’outil Houdini pour créer ses stimulations.

Les cerveaux de ces concepteurs sont certainement différents des nôtres. Alessio De Vecchi a un fort esprit visuel lui permettant de capturer mentalement des images pour en faire des œuvres en 3D. Mais l’art de la 3D n’est pas toujours que graphique. Ici, l’artiste utilise pour ses animations humanoïdes des données de capture de mouvement. Son processus : il sélectionne la bonne capture de mouvement et l’exporte sur Cinema4D.

La 3D est vraiment un art à part. Comme ils le disent eux-mêmes : vous pouvez être bon en 3D et nul en 2D et inversement.  La 2D peut parfois même être plus difficile à créer, car il est plus simple d’y voir ses faiblesses. Mais la 3D, quant à elle, peut tricher avec divers artifices.

Dans son projet « Volume », Zhestkov explore très justement ces notions de mouvement rythmique.

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The future of architecture and product design will be extremely different from the concepts and principles which we have now. New materials will allow us to reshape one form into another. Forms could be animated in reality. Buildings will be able to shift their shapes to efficiently distribute energy, capacity and even to protect us from fire and earthquakes. In our art film – Volumes – we made simulations with hundreds of thousand elements which interacted and shaped complex forms. The film is a series of visual explorations concerning possible ways of appliances new materials in the future. You can check out the full version in 4K on our website: www.zhestkov.studio ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ Будущее архитектуры и промышленного дизайна будет крайне отличаться от принципов и концепций, которыми мы руководствуемся на данный момент. Новые материалы позволят нам трансформировать одни формы в другие. Объекты могут быть анимированы в реальном мире. Здания смогут изменять свои формы для более эффективного использования энергии и, возможно, для изменения вместимости. В нашем арт-фильме – Volumes мы сделали симуляции с сотнями тысяч элементов, которые взаимодействовали друг с другом и создавали сложные формы. Volumes – это визуальные размышления в сторону возможностей и путей применения в будущем новых материалов и подходов к решению разных задач. Вы можете посмотреть весь фильм в 4К на нашем сайте: www.zhestkov.studio

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Le travail de Luigi Honorat est extrêmement sculptural. Dans ses œuvres, il analyse réel et virtuel. Sa série “Intangible” aborde ainsi les possibles modélisations d’animation. L’œuvre 3D doit donc pouvoir proposer une sculpture physique.

©Luigi Honorat, Intangible, Entanglement
©Luigi Honorat, Intangible, Viscous Hemisphere

Il est possible à présent de recréer complètement la matière. En design, vous pouvez par exemple tester l’effet d’un certain tissu à une certaine heure de la journée pour analyser son rendu.

Outre ces outils numériques, l’imagination est obligatoire. Zhestkov, par exemple, travaille de manière peu habituelle. Pour lui, la gestion du temps rompt l’inspiration créative. Ainsi, il tente certaines expériences, comme travailler pendant 48h sans dormir. Il y voit des épiphanies.

«Si tout se passe comme prévu, je ne pense pas que quelque chose se passera à la fin. J’aime quand l’horaire change. Lorsque vous travaillez pendant 48 heures sans dormir, vous ressentez la différence autour de vous. J’aime vraiment ce genre d’expériences. Tout devient si clair et l’idée se plie dans de nouveaux modèles. Ce sont des moments d’illumination. “

L’homme : pauvre mortel ou créature hybride

Dans le Motion Graphic on retrouve souvent le thème de l’être humain dans des approches existentielles. C’est un art qui est sans cesse dans l’exploration visuelle. De Vecchi est obsédé par cette forme humaine, qu’il invente sous l’aspect de nourriture ou de liquide. Il la déforme, l’étire ; elle tombe, elle se relève. Il rappelle ainsi la fragilité de l’homme. Et surtout, sa mortalité.

Avec son art, il veut surprendre et provoquer une réponse émotionnelle.

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Le designer Oliver Latta (extraweg) torture lui aussi le corps humain. Fondu, écartelé, réduit en poudre, l’artiste construit un univers du surréalisme. Il nous emporte hors de notre zone de confort et de nos lieux communs. Orbites, nus et matières étranges. C’est le malaise.

Nous sommes dans l’art de l’invraisemblable.

Motion graphic designer, Esteban Diacono est connu pour le clip video qu’il avait réalisé pour Olafur Arnalds : des particules bleues et rouges bougeant au rythme de la musique. Mais sur son compte instagram, il montre ses œuvres personnelles dans un surréalisme fascinant, voire très repoussant. Fantômes de boues, il a aussi une obsession pour les corps et leur matière mouvante. Il explore les peurs et les phobies communes mais aussi les obsessions. Comme dans “Tryphobia“.

©Esteban Diacono, You Are Beautiful
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Il y a réellement une croissance de ce genre artistique. Les logiciels de 3D sont de plus en plus puissants et les jeunes artistes partagent toujours plus leur travail sous forme de tutoriels. La 3D devient si réaliste qu’on se demande si les modèles de mode ou même les acteurs ne vont pas disparaître.