Les oeuvres de Léo Dorfner reprennent des images de la culture pop et rock’n’roll pour en proposer une toute autre lecture à travers un flot de typographie et de la peau.

©Léo Dorfner

1. Peux-tu te présenter en trois mots ?

Je m’appelle Léo Dorfner et je suis un artiste plasticien.

2. Tu as fait tes études aux Beaux-Arts de Caen. As-tu aimé cette période de ta vie ? 

Oui. Peut-être même plus qu’aux Beaux-Arts de Paris, où j’ai fini mes études. Les Beaux-Arts, c’est une sorte de liberté. On y fait ce qu’on veut, sans aucune forme de contrainte ou presque. Forcément, quand on porte un regard sur ces années-là, il y a un peu de nostalgie.

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3. D’où te vient cette passion pour le rock’n’roll et la culture pop?

Du fait que j’écoutais du rock quand j’étais adolescent. J’ai grandi dans les années 80/90 où la pop culture avait une place énorme, beaucoup plus qu’aujourd’hui, puisqu’il est facile de s’en affranchir avec internet. Je pense d’ailleurs que la pop culture a connu son âge d’or pendant cette période-là. Il y avait à la fois de la qualité, et un public. 

4. Dans ton processus artistique, il y a une vraie place pour la recherche. Comment sélectionnes-tu ces photos, ces gravures, lithographies et autres supports ?

Je passe des heures à la recherche d’iconographies. Le plus souvent sur internet, via différentes plateformes, Instagram ou Tumblr, mais aussi Google, quand je sais ce que je recherche. Je vais souvent sur Ebay et leboncoin aussi. Le reste, c’est de la sérendipité. Comme certaines phrases que j’emprunte dans les livres que je lis.

J’ai donc constitué au fil des années une banque d’images dans laquelle je pioche pour faire ce que j’appelle des compositions, c’est-à-dire un assemblage de deux, trois (ou plus) images. Dans un premier temps, je le fais sur ordinateur, ce qui me permet d’essayer plus de combinaisons. Puis, une fois que je suis sûr de mon choix, je redessine l’image. Dans le cas des plus grandes aquarelles, il m’arrive de changer en cours de route, d’ajouter ou d’enlever des éléments.

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5. T’arrive-t-il parfois d’avoir un manque d’inspiration sur ces supports ? Et dans ce cas-là, es-tu obstiné, ou bien passes-tu à autre chose ?

Plus qu’un manque d’inspiration, je dirais que je peux ressentir de la lassitude, surtout lorsqu’il s’agit de techniques. Alors je passe de l’aquarelle au dessin, ou inversement. Ou je change de format.

6. Tu as une certaine obsession avec la peau. Pourrais-tu nous en dire plus ?

Tout d’abord, je m’intéresse à la représentation humaine ; c’est très rare qu’il n’y ait personne dans mes aquarelles. Et la peau m’obsède parce que j’aime son aspect, ses « défauts », les grains de beauté, les taches de rousseur, les cicatrices, les bleus. Je trouve ça beau. Je m’attache à la reproduire avec toutes ses variations . J’aime quand ça n’est pas lisse. 

Et puis, la peau c’est un passage obligé pour la représentation des corps. Quand on fait un portrait, on fait de la peau. Et c’est ce qui donne de la vie aux images. Sans oublier l’aspect érotique que cela peut suggérer.

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7. Tes références ultimes ?

Raymond Pettibon

Lou Reed

Stanley Kubrick

Michel Houellebecq

Celui qui dompte l'intelligence et la sagesse
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8. Que devient Branded, le Magazine web dont tu étais le directeur artistique ?

Il est en hibernation prolongée.

9. Que te réserve l’avenir ? Des projets en cours ?

Je prépare un solo show à la galerie Aurelien Jeauneau le 9 février prochain.