Pour la Biennale d’architecture et du paysage d’Île-de-France, qui a lieu jusqu’au 13 juillet à Versailles, Martial Marquet et CAB Architectes se sont associés pour explorer les notions d’archaïsme et de contemporanéité. Ainsi, en opérant un retour aux sources, il propose une installation immersive qui interroge sur la définition même de l’architecture et sur son essence : l’abri.

Composées de gypse et de papier, les plaques de cette installation proviennent de la marque Fermacell. Une matière standard, résistante et neutre qui apporte géométrie à l’œuvre. Ici, elles sont empilées les une sur les autres, après avoir été coupées en deux pour former des triangles – 13 mm de vide séparent cependant chacune d’entre elles. Ces sculptures de plaques, d’environ 3 mètres de long, semblent former des ruines archaïques ou des morceaux de carrière de marbre.

« S’appuyant sur le texte de Giorgio Agamben « Qu’est-ce que le contemporain », il nous paraissait intéressant, voire fondamental, d’évoquer ce qu’il nomme « le rendez-vous secret entre l’archaïque et le contemporain ». Architectes, nous réfléchissons et nous pratiquons. Cela nous conduit à nous questionner sur notre propre contemporanéité. Pour nous, le contemporain ne peut être l’actualité et donc, par un anachronisme dialectique, nous voyons, en écho au philosophe, le contemporain comme l’intemporel.

martial.marquet.com
crédit photo Giaime Meloni

Leur entassement évoque les constructions ancestrales primitives de l’architecture en tant que besoin élémentaire. Seul l’espace est ajouté comme un morceau poétique et léger, rendant l’installation ambiguë par ce plein/vide visuel.

“Tout contre la Galerie des Plâtres, immédiate voisine de l’Ecole d’Architecture de Versailles, l’assemblage par superposition des plaques de gypse fait sens et tente de parler, par la mise en oeuvre très spécifique de produits prosaïques actuels, d’une contemporanéité en recherche d’archaïsme car le contemporain c’est l’inactuel. »

martial.marquet.com
crédit photo Giaime Meloni
crédit photo Giaime Meloni
crédit photo Giaime Meloni