Rentrer dans une exposition de Armen Eloyan c’est se laisser avaler par une enfance enfouie. Enfouie par les rêves et les tabous, enfouie par l’humour sale des beaux jours, enfouie par la culture.
C’est sa troisième exposition : “Natur und kultur”. Présentée à la
Galerie Tim Van Laere à Anvers.

© Courtesy Tim Van Laere Gallery, Antwerp

Armen Eloyan est un adepte de l’humour noir et de la dérision parodique. S’inspirant des figures collectives de l’enfance, et plongé dans les contes de fées, il assemble des influences de street art et de dessins animés. Tout cela à travers des GRANDS de la peinture comme Willem De Kooning ou Philip Guston.

Armen Eloyan frôle le punk .

Complètement déséquilibrée, l’exposition de l’artiste tend à offrir aux spectateurs une dystopie. Un monde bousculé, étiré, malaxé. Ils se retrouvent alors pris au piège, dans un flux de questions existentielles : face à leur Moi d’enfant.

© Courtesy Tim Van Laere Gallery, Antwerp

Ses peintures, selon lui, ne sont “œuvre” que lorsqu’elles sont réunies. Seul le corpus a du sens. Nous sommes donc face à une famille, une famille cinglée. Des névrosés, des alcooliques, des dérangés. Bien loin de l’image traditionnelle de papa, maman et les enfants, aux dents blanches, enfermés dans la photo de famille du salon.

Ses personnages anthropomorphes et grotesques ne pensent qu’au sexe et à la violence. Qu’à la baise et à la baston. Armen Eloyan les façonne dans la souche, exprimant ainsi l’origine de l’homme : un animal pervers.


© Courtesy Tim Van Laere Gallery, Antwerp

Toiles à grande échelle, les marionnettes de bois, tout droit sorties d’un conte pour enfants, cachent des vices bien effrayants.

 Contours pâteux, brutaux, expressifs et sombres.

Le geste artistique est ici spontané et physique, dans un souci d’urgence. Il se perd dans un monde désenchanté et révoltant.