C’est à 16 ans que l’artiste nigériane Njideka Akunyili Crosby arrive aux États-Unis. Elle est immédiatement effrayée par l’idée que se font beaucoup d’américains de son pays natal et choisit de se consacrer à la peinture afin de tenter d’en faire transparaître une autre histoire.

Njideka Akunyili Crosby 5 Umezebi Street, New Haven, Enugu, 2012 Acrylic, charcoal, pastel, color pencil and transfer on paper 213.36 x 266.7 cm © Njideka Akunyili Crosby Courtesy the Artist and Victoria Miro, London

 

« Les gens ont souvent une vision singulière du Nigéria et de l’Afrique. Mais les problèmes d’une mauvaise représentation arrivent dès lors que les autres racontent notre histoire à notre place. »

Utilisant une technique mixte de collage, de dessin, de peinture et de transferts photographiques, Njideka Akunyili Crosby crée des œuvres semblables à du patchwork. Les images transférées se réfèrent majoritairement à la culture populaire ou renvoient à des tissus africains traditionnels. De par ses œuvres, elle interroge l’identité post-coloniale. Sa première série est consacrée à des scènes domestiques et d’intimité avec son mari.

 

Njideka Akunyili Crosby Nwantinti, 2012 Acrylic, charcoal, pencil color, collage and transfers on paper 169.7736 x 243.84 cm © Njideka Akunyili Crosby Courtesy the artist and Victoria Miro, London (Photography Marc Bernier)


Njideka Akunyili Crosby Ike Ya, 2016 Acrylic, transfers, colored pencils, and charcoal on paper 213.4 x 233.7 cm © Njideka Akunyili Crosby Courtesy the artist and Victoria Miro, London (Photography Brian Forrest)

 

Toutes ses œuvres témoignent d’une volonté de transmission de savoir, de culture et de connaissance. Qu’il s’agisse de scènes d’amour ou de genre, Njideka Akunyili Crosby se joue constamment de sa technique bien particulière pour représenter ses racines. Comme d’autres collagistes avant elle, Crosby crée des œuvres à partir d’images en tout genre. La peau de son époux, des membres de sa famille sont donc façonnés d’images de publicité. Il en est de même pour les fonds. Ses collages transpirent donc d’un surplus iconographique.

Malgré cette prolifération d’images, les œuvres de Njideka Akunyili Crosby ne saturent pas le regard du spectateur. Bien au contraire. Son travail s’affiche telle une tapisserie. Chaque image y prend sa place. L’œil n’est pas agressé, il suit parfaitement la composition pour y trouver un calme au sein d’une effervescence imagée. La photographie côtoie la peinture de manière plus ou moins nette selon les créations, devenant ainsi une ode à la couleur et renvoyant à la culture nigériane grâce aux coupures de journaux locaux.

Njideka Akunyili Crosby “The Beautyful Ones” Series #1c, 2014 Acrylic, color pencils and transfers on paper 154.9 x 106.7 cm © Njideka Akunyili Crosby Courtesy the artist and Victoria Miro, London (Photography Stephen White)


Njideka Akunyili Crosby, Cassava Garden, 2015, Acrylic, transfers, colored pencils, charcoal and commemorative fabric on paper, 191.5 x 160.4 x 7.3 cm © Njideka Akunyili Crosby Courtesy the artist and Victoria Miro, London

Du 15 juillet au premier octobre 2017, la Contemporary Art Center de Cincinati a présenté l’exposition Predecessors de Crosby. Cette exposition témoigne du fait qu’une image peut en contenir beaucoup en son sein.

Une exposition lui est actuellement consacrée au Museum of Art de Baltimore jusqu’au 11 mars 2018.

 

« Ce qui pourrait potentiellement paraître un bric-à-brac d’images prend l’apparence d’une tapisserie fluide, contrôlée par l’extraordinaire sensibilité qu’à Njideka Akunyili Crosby pour l’équilibre, la perspective et la palette. »

Hyperallergic

 

Njideka Akunyili Crosby

Née en 1983 à Lagos (Nigeria), Njideka Akunyili Crosby arrive aux Etats-Unis à 16 ans. Dès lors, elle décide de se consacrer à la peinture afin de luter contre les idées préconçues qui existent sur son pays natal.

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