Nontsikelelo : perception d’une beauté urbaine sud-africaine

Beauté d’un œil et beauté de rue. C’est ce que Nontsikelelo tente de deviner dans les « dégaines » de ces gens inspirants. La beauté est subjective n’est-ce pas ? Et pourtant les normes restent universelles, et à chaque siècle ses canons de beauté . Ventre rond au Moyen-Âge, formes généreuses à la Renaissance, et maigreur absolue dans les années 2000. De quoi réfléchir sur la signification de la beauté, et comment la contourner. C’est ainsi que Nontsikelelo dessine sa propre perception du beau, celle qu’elle voit chez chacun de ses modèles. Ces silhouettes si différentes. Si belles.

Nontsikelelo Veleko, CourtesyAFRONOVA GALLERY

Révélation d’une beauté urbaine

Photographe sud-africaine, Nontsikelelo Veleko est connue pour sa représentation de l’identité noire dans une Afrique du Sud post-apartheid, à travers les modes urbaines. En 2006, elle expose au ICP à New York dans le cadre d’une exposition sur la photographie africaine contemporaine : Snap Judgements. L’authenticité de ses « street photo » et l’essence qu’elle a su capturer de ses modèles lui assurent une notoriété internationale. Depuis, elle approfondit son travail, en allant toujours plus à l’encontre des stéréotypes de beauté sud-africains et africains.

Nontskelelo illustre ainsi une jeunesse expressive, colorée et pleine d’ambition.

« C’était un choc – un choc éveillé – de tomber sur les couleurs éclatantes contemporaines portées par les personnages de la mode représentés par Nontsikelelo » Lolo « Veleko sur les rues de Johannesburg »

New York Magazine Art Review
Nontsikelelo Veleko, CourtesyAFRONOVA GALLERY

La mode : perception d’un tout

En utilisant la photographie de mode dans sa série « Beauty is in the eye of the beholder », il s’agit aussi pour l’artiste de remettre en question toute une communication culturelle sur l’identité noire perçue tant par les étrangers que par les africains eux-mêmes. Ici, les vêtements de ses modèles sont uniques, atypiques et souvent homemade. Parfois, c’est même elle qui pose devant l’appareil pour des autoportraits, révélant alors plusieurs facettes de son identité et de sa beauté.

« Comment pouvez-vous vous habiller d’un pantalon jaune et d’un maillot vert citron à rayures ? J’ai pensé que la façon dont je vois la beauté et la façon dont je perçois la beauté pourrait être différente de quelqu’un d’autre à côté de moi. Le projet s’appelle donc « La beauté est dans l’œil du spectateur ». Il s’agissait simplement d’attirer l’attention sur des problèmes de beauté. Et c’était aussi à propos de la mode de rue. »

Nontsikelelo Veleko
Nontsikelelo Veleko, CourtesyAFRONOVA GALLERY

Festival Européen de la Photo de Nu

Cette année, Nontsikelelo Veleko participe au Festival Européen de la Photo de Nu de Arles jusqu’au 12 mai. Sa série « Les Nus interdits », qu’elle imagine en 2013 sur l’Ile de la Réunion, se penche sur les normes esthétiques et corporelles imposées aujourd’hui par les réseaux sociaux : de son apparition sur nos écrans de téléphone, à travers les post Instagram, jusqu’à cette société scrutant la moindre partie de notre corps dans un souci de perfectionnisme.

La violence sur les réseaux est omniprésente. De ce fait, l’artiste s’interroge sur l’existence de la censure du corps de la femme sur ces derniers. Un bout de téton flouté, une poitrine supprimée, le corps de la femme est perçu comme sexualisé par les algorithmes. Il en est réduit à cette simple perception. Objetisé.

La photographe ne supporte pas cette hypocrisie, ces paradoxes culturels, elle y ressent une régression morale et éthique. Ces photos parlent alors de ces corps rejetés, sous-estimés, sexualisés et stéréotypés.

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