Du travail sur l’espace et du vide à celui de l’encre comme nouveau langage, découvrez les nouvelles expositions de ce début d’année 2019, toutes tournées vers un nouveau paradigme et ses questionnements.

«  Such a morning » de Amar Kanwar

Du samedi 12 janvier au jeudi 7 mars
Galerie Marian Goodman

Such A morning, Aman Kanwar, © Marian Goodman Gallery

Aman Kanwar, surtout connu pour ses films documentaires abordant le contexte des guerres indo-pakistanaises, présente sa nouvelle exposition à la Galerie Marian Goodman. Une installation hybride qui encercle son film Such a Morning, présenté lors de la documenta 14 à Cassel en 2017.

Ce long métrage de 85 minutes raconte l’histoire d’un célèbre mathématicien qui se retire dans un wagon abandonné dans la forêt, et se laisse avaler peu à peu par l’obscurité. Il est alors emporté par une expérience sensorielle, riche de visons étranges, entre son « moi » et le monde qui l’entoure. Le professeur notera ses épiphanies dans un « Almanach des ténèbres », pour enfin répertorier 49 types d’obscurité : sujet de ses lettres.

Questionnement sur le nouveau paradigme dans lequel nous vivons, l’exposition rompt ces frontières de l’évidence, entre parole et silence ou ombre et lumière. Aman Kanwar propose un parcours presque métaphysique. Une métaphore d’un présent fragile, sous la forme d’un récit : série de lettres proposées au visiteur. Rétro-projections, rétro-illuminations sur papier, le réalisateur complète son histoire d’un véritable projet de recherche pédagogique, artistique et même politique.

La poésie se noue avec douceur à une conscience activiste pour faire naître cette expérience au-delà du film, dérangeante et unique.

“Sous un certain angle” de Daniel Dezeuze

Du samedi 12 janvier au samedi 9 mars
Galerie Daniel Templon

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Le plasticien Daniel Dezeuze, co-fondateur de Support/Surfaces, poursuit son travail de détournement de la tradition picturale dans son exposition « Sous un certain angle ».

Nous avons tous une perception différente du monde qui nous entoure, mais comme l’expliquait Husserl, la perception est le seul moyen que l’homme a de connaître ce monde. Voilà ce qu’illustre Daniel Dezeuze dans son projet : cette évidence.

Retournant les tableaux pour en proposer d’autres points de vue, il anéantit l’image. Et propose un art qui se distingue seulement par ses découpes et ses contours.

Jouant avec le plein et le vide, l’exposition dévoile les coulisses, le squelette de la peinture pour interroger sur l’Angle.

“Unfamiliar Eden” de Aspasia Krystalla

Du samedi 12 janvier au samedi 23 février
Galerie Bendana Pinel

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Unfamiliar Eden, Aspasia Krystalla, © Bendana Pinel

Bendana Pinel présente la première exposition personnelle d’Aspasia Krystalla « Unfamiliar Eden ».

Quoi de mieux que l’encre pour créer un nouveau langage ? C’est le matériau qu’a choisi Asparia Krystalla pour son œuvre. Un liquide qui tache et qui marque, né d’une parole mythique. Cette parole, l’artiste va la déconstruire, connectant alors l’image à l’écriture.

Dans une lecture en sens inverse, elle rendra hermétique le sens premier du récit, transformant le langage en signes dont le sens est signifié et l’image signifiant.

Le message de son exposition est un geste qui communique au milieu d’un monde déformé entre végétation et urbanisme. C’est un trait, une courbe, qui raconte son mythe personnel, et à travers lui, aussi celui des autres. De l’être humain.

« Asterismos » de Artur Lescher

Du samedi 12 janvier au samedi 23 février
Galerie Almine Rech

L’astérisme est une forme constituée d’un ensemble d’étoiles visible depuis la Terre. Ces motifs n’existent qu’à travers notre imagination, nos histoires et nos rêves.

« Asterismos » est la première exposition dédiée au travail du sculpteur Artur Lescher. Dans une perfection du détail, il cisèle avec équilibre des formes géométriques dont les lignes s’intègrent parfaitement à l’environnement. Les volumes de l’artiste sont placés avec précision dans la galerie, tels des points à relier sur un ciel étoilé.

Des points pour se repérer.

Ainsi, l’exposition nous invite à un voyage astral, où l’on se perd dans les courants cosmiques, qui s’entrechoquent, se détachent et se lient.

Dans une poésie de l’espace, “Asterismos” se vide de toute objectivité et invite à la création mentale. Un travail presque architectural qui nous rappelle que certaines forces nous dépassent, dans ce lieu spatio-temporel.

“Les parciels” de Audrey Matt Aubert

Du 26 janvier au 23 février
Galerie Isabelle Gounod

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Les parciels, Audrey Matt Aubert, © Galerie Isabelle Gounod

Toujours dans une recherche autour des formes architecturales et picturales, Audrey Matt Aubert offre son exposition : « Parciels », dans une nouvelle sensibilité poétique. Mélange entre histoire et rêve, ses reconstitutions se dessinent sous forme de décor et d’objet d’analyse. Elles interrogent sur la préservation des bâtiments, dans un construire-déconstruire que l’artiste ne se prive pas d’utiliser.

L’autel de Pergame ou encore la porte d’Ishtar sont les quelques motifs arrachés de leur contexte pour se retrouver seuls, loin du lieu commun dont ils étaient victimes.

Le mimesis disparaît laissant place à une figure abstraite.

Photos : © des Artistes et Galeries