Dans le cadre de la prochaine biennale de Dakar 2018 (du 3 mai au 2 juin), la maison du célèbre sculpteur Ousmane Sow sera ouverte au public, et une exposition exceptionnelle lui sera dédiée. L’occasion de revenir sur la carrière de cette figure emblématique de l’art contemporain africain.  ousmane-sow-virtute (7) Arrivé à Paris seul et sans argent, Ousmane Sow vit de débrouille, fréquente l’école des Beaux-Arts, puis parvient à passer un diplôme de kinésithérapie. Malgré sa vive passion pour la sculpture, ce n’est qu’à l’âge de 50 ans qu’il abandonnera définitivement sa profession pour s’y consacrer pleinement. ousmane-sow-virtute (5) En 1978, Ousmane Sow retourne dans son pays d’origine, le Sénégal. Là, il développe sa technique basée sur la macération de produits ensuite appliqués à des ossatures de fer de paille ou de jute. Sans utiliser de modèle, il produit sa première grande série, Nouba. Ces imposantes sculptures de lutteurs africains marquent le début de la reconnaissance internationale de Ousmane Sow : ce travail est exposé au centre culturel français de Dakar puis à la Documenta de Cassel en Allemagne. ousmane-sow-virtute (3) Ses figures, plus grandes que nature, au caractère brut et anatomiquement très travaillées, font de Ousmane Sow un sculpteur pas comme les autres. Le choix du sujet, également, singularise l’artiste. Ce sont souvent des populations ethniques africaines qui sont représentées. Tantôt la figuration titanesque est au service de l‘héroïsation des guerriers Masaï qui combattirent les colons britanniques, tantôt elle vient immortaliser la noblesse des modes de vie injustement oubliés de la communauté Peulh. Au printemps 1999, Ousmane Sow créée l’évènement exposant sur le Pont des Arts à Paris pas moins de 68 de ses oeuvres colossales. Des indiens à cheval, luttant contre l’invasion américaine, côtoient les pièces antérieures de l’artiste pour former un tout, aussi tumultueux qu’imposant. On estime qu’environ 3 millions de personnes se sont rendues sur place, faisant par là d’Ousmane Sow, un artiste à l’incroyable popularité. ousmane-sow-virtute (1) En 2013, il devient le premier artiste noir consacré par l’académie française des Beaux-Arts. Décédé en 2016, Ousmane Sow est commémoré comme un artiste d’exception, dont l’art a toujours eu vocation à célébrer les diverses luttes pour la liberté à travers le monde, et à sauvegarder la mémoire culturelle des populations colonisées. ousmane-sow-virtute (8)ousmane-sow-virtute (9)ousmane-sow-virtute (10) (Photos – Maison Ousmane Sow) EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer EnregistrerEnregistrer