Pour la 58e édition de la Biennale d’art de Venise, le Canada est représenté par Isuma. Plus vieille maison de production vidéo inuite du Canada, son but est de mettre en avant, de préserver et de partager la culture inuite au Canada et dans le monde. Fondée en 1990 par Zacharias Kunuk, Norman Cohn, Pauloosie Qulitalik et Paul Apak Angilirq, ses documentaires révolutionnaires ont été, entre autres, présentés au Festival de Cannes en 2001 et plus récemment à la Documenta en 2017.

Photo by Francesco Galli
Courtesy : La Biennale di Venezia

Le Pavillon à la Biennale

Le pavillon du Canada est placé au cœur des jardins de Venise, les Giardini. Le rôle d’Isuma à la Biennale de Venise permet de souligner la place importante de l’art contemporain canadien dans le monde et ainsi de promouvoir de nombreux artistes comme Jean Paul Riopelle, Guido Molinari ou encore Emily Carr.

Les commissaires sélectionnés par le collectif sont Asinnajaq, Catherine CrowstonBarbara Fischer, Candice Hopkins, et Josée Drouin-Brisebois. C’est une première pour l’équipe qui travaille sur ce projet dédié au Pavillon du Canada.

« Nous sommes emballées à la perspective de travailler avec le collectif Isuma, Zacharias Kunuk et Norman Cohn dans la réalisation d’un nouveau projet polymorphe pour Venise. Nous sommes fières de collaborer avec l’un des plus importants collectifs d’artistes qui témoigne des relations colonialistes et de la vie contemporaine d’un point de vue inuit. Nous pourrons contribuer au rayonnement de la philosophie activiste d’Isuma “d’indépendance d’esprit”, mais également appuyer la vision unique que l’équipe insufflera au grand rassemblement international qu’est la Biennale de Venise en tant que premiers artistes et groupes d’artistes originaires à la fois de l’Arctique et de Montréal. »

Equipe de commissaires / Newswire
Photo by Francesco Galli
Courtesy : La Biennale di Venezia

Le projet d’Isuma

Isuma signifie « penser ou être attentif ». Leur art opte pour l’expérimentation audiovisuelle comme récit inuit.

« Lorsque nous avons quitté notre territoire, il y a 50 ans, nous avons vu des films pour la première fois – et nous avons pensé que ces images venaient des dieux. Nous ignorions qu’il y avait une caméra et une foule de gens travaillant derrière celle-ci. »

M. Kunuk / rbcwealthmanagement

C’est Atanarjuat, artiste connu pour avoir reçu la Camera d’Or à Cannes, qui a fait connaître Isuma. Les œuvres du collectif comme « Nuvanut » ou « Maliglutit » sont souvent réalisées et construites par des habitants locaux. Ces derniers aident en tant qu’acteurs ou au sein de la production.

Pour Norman Cohn, seul membre non inuit du collectif, le pavillon du Canada est la voix des colonisés mais aussi une parole universelle et d’actualité. Ainsi, il pense ici aux réfugiés et souligne l’importance de l’exploration dans l’œuvre, de l’humanité, ses oppressions, ses mémoires et parfois ses oublis.

Photo by Francesco Galli
Courtesy : La Biennale di Venezia