Damian Ortega, artiste mexicain et ancien dessinateur de presse, travaille à Berlin et réalise des sculptures, installations, vidéos et performances. L’artiste offre des œuvres inspirées d’objets du quotidien, qu’il détourne et déconstruit, loin de leurs fonctions premières.  Sa nouvelle exposition a lieu à la Gladstone Gallery jusqu’au 8 juin 2019.

Copyright Damián Ortega
Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels

Perception d’une société consommatrice    

Dans le travail d’Ortega, les interactions humaines sont la clé des relations qu’il dessine. Elles sont cosmiques et chaotiques. Ses constructions, disséquées et explorées sous tous les angles possibles, s’assemblent pour former un système complexe envahissant l’espace et proposant ainsi au spectateur une nouvelle perception de l’« objet ».

Damian Ortega acquière une certaine reconnaissance au cours de la 50eme Biennale de Venise, où il présente sa Coccinelle Volkswagen, déconstruite et installée comme en lévitation au-dessus du sol : « Cosmic Thing ». L’objet rappelle ainsi le processus intérieur d’une chaîne de fabrication jusqu’à celle de la consommation. Dans une approche surréaliste, la perception du spectateur se voit être altérée, brisant toute dissonance cognitive. L’inventivité d’Ortega est félicitée et l’objet onirique de l’artiste devient la cause de sa célébrité.

Copyright Damián Ortega
Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels

Son art semble parfois venir d’un univers de science-fiction ou de super-héros, tant les éléments sont comme contrôlés et écartés par une force psychique (que ce soit dans leur disposition dans l’espace, mais aussi par un jeu de trompe-l’œil avec le regard du spectateur).

C’est avec humour qu’Ortega se moque de notre société de consommation en apportant à travers ses formes mobiles une réflexion sur nos systèmes social et économique.

Copyright Damián Ortega
Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels

Porous Structures

L’exposition Porous Structures présente de nouvelles œuvres de l’artiste. Elles sont formées dans du ciment, de l’argile, de la brique et du sable et racontent une histoire sociale et historique. Entre nature et culture, l’artiste interroge l’impact humain sur des contextes de fabrication et de construction socio-économique. Mais sa série évoque aussi ici le rapport entre l’artiste et son medium par la transformation de la matière en œuvre d’art. Ainsi, les sculptures réinterprètent montagnes ou vallées sous la main de l’homme.

Copyright Damián Ortega
Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels

La nature vient se souder à la construction humaine grâce à l’utilisation intelligente de la brique. On devine alors le souhait d’Ortega d’offrir un récit sur notre place dans l’environnement. Les structures dialoguent ainsi avec l’espace, parfois par leur forme intime, d’autres fois par leur position monumentale. Ce n’est pas un hasard si l’artiste s’intéresse à cet aspect socio-politique comme intégration dans ses matériaux. L’ancien caricaturiste politique aime la provocation.

Dans cette exposition, l’œuvre évoque par exemple le thème du langage par des sculptures en acier suspendues au plafond, qui, par des projecteurs, formeront des ombres des lettres de l’alphabet.
L’œuvre est un langage.

Ce que j’aime, c’est lorsque l’art redevient un objet, fait partie de la réalité et de la manière dont la nature s’approprie l’idée de ce que sera l’avenir

Copyright Damián Ortega
Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels
Copyright Damián Ortega
Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels
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Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels
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Courtesy the artist and Gladstone Gallery, New York and Brussels