Dimanche soir, Emmanuel Macron s’est livré à sa première interview télévisée depuis le début de son quinquennat. L’interview a été réalisée dans le bureau d’angle à l’Élysée. On découvrait alors en direct son goût pour l’art contemporain.

Sur les murs, une tapisserie monumentale (2,94 x 2,99 m) de Pierre Alechinsky. Faite d’un mélange de laine, coton et soie, la tapisserie intitulée “Lavande” a été tissée par la manufacture de Beauvais dans les années 90. Au sol était disposé un grand tapis (3,80 x 5,48 m), “Soleil noir”, imaginé par Claude Lévêque et réalisé par la Manufacture de la Savonnerie entre 2005 et 2007. Les journalistes se sont entretenus avec le Président autour d’une table en marbre avec un pied en acier, conçu par la designer américaine Florence Knoll. Les sièges ont, quant à eux, été dessinés par le designer français Patrick Jouin en 2004.

Enfin les passionnés de Street Art auront sans aucun doute reconnu une oeuvre d’Obey, alias Shepard Fairey, qui fait beaucoup parler d’elle depuis sur la toile.

On vous explique brièvement l’histoire de cette oeuvre.

© TF1

Street artist américain, Shepard Fairey (auquel le domaine de Pierresvives à Montpellier consacre une rétrospective) est aujourd’hui mondialement reconnu. Il s’est fait connaître du grand public à l’occasion de la campagne présidentielle américaine de 2008. Il y avait réalisé le portrait du futur président, Barack Obama, en rouge et bleu. Intitulée “Hope”, l’affiche avait alors servi de support visuel pour la campagne.

© Obey Giant Art

Liberté, Egalité, Fraternité

Suite aux attentats de novembre 2015 à Paris et à Saint Denis, Shepard Fairey a souhaité “exprimer son soutien au peuple français et aux Parisiens”. Il livre alors son message sur les réseaux sociaux via cette image d’une Marianne modernisée, à l‘allure fière et arborant des roses dans les cheveux. Intitulée “ Liberté, Egalité, Fraternité”, cette oeuvre se veut être un plaidoyer pour la liberté.

© Obey Giant Art

Pour représenter Marianne, l’artiste a tout simplement détourné l’une de ses propres oeuvres, intitulée “Make Art Not War” (Faites de l’art, pas la guerre), dans laquelle on retrouve la même figure féminine. L’oeuvre a été reproduite en 2016 sous forme de fresque géante sur la façade d’un HLM dans le XIIIe arrondissement de Paris. La fresque fait d’ailleurs partie du parcours street art 13, initié par la galerie Itinérance. Ce parcours propose aux parisiens et aux touristes de découvrir les fresques réalisées par des artistes français et internationaux dans les rues du XIIIe arrondissement. 

© Obey Giant Art

Avant d’investir l’un des salons de l’Élysée, l’oeuvre avait déjà pris place dans le QG de campagne d’Emmanuel Macron. Ce qui n’avait pas échappé à l’artiste, qui le jour de la victoire de Macron le 10 mai 2017, avait posté sur instagram une photo du désormais président assis à côté de “Marianne”, en confiant dans la légende :

“J’ai créé Liberté, Egalité, Fraternité, pour montrer ma solidarité avec les Parisiens et toute l’humanité après les attaques terroristes de 2015. Deux après, je suis vraiment soulagé de voir que les électeurs français ont rejeté l’extrême droite”.

 

Liberté, Egalité, Fraternité”, cette oeuvre, dont le nom a été emprunté à notre devise, a donc toute sa place à l’Elysée. Le choix d’une oeuvre d’Obey n’est pas anodin de la part d’Emmanuel Macron. Comme nous l’avons expliqué précédemment, le street artist est à l’origine du portrait “Hope” de Barack Obama. Portrait devenu un symbole des élections américaines de 2008. Or, Emmanuel Macron se réclame régulièrement de l’héritage politique de l’ancien président américain. Il avait d’ailleurs obtenu son soutien pour la campagne présidentielle du printemps dernier. Et beaucoup ont noté qu’il s’inspirait souvent de sa communication.

Du Street Art dans les collections de l’Élysée

Mais ce que l’on retient surtout est qu’Emmanuel Macron fait entrer avec cette oeuvre l’art urbain dans les collections de l’Élysée. Ce choix a d’ailleurs été salué sur twitter par le Maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet :

“Comme un petit air de #paris13 dans le bureau de travail du Président. Obey face à Alechinsky, difficile de dire qu’il a mauvais goût”. 

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