Le street artiste, Tarek Benaoum, vient d’achever une fresque gigantesque dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris. Il s’agit à ce jour de sa plus grande pièce en France.

Une fresque pour une France cosmopolite

Cette peinture murale de 350m2 a été réalisée dans la cour intérieure de l’Institut des Cultures d’Islam. Baptisée “La dernière phrase”, l’oeuvre est un hommage à Hélène Cixous. Une écrivaine et dramaturge française, née en Algérie, de parents juifs, et qui incarne la France cosmopolite selon Tarek.

“Elle incarne la France dans tout son éclat cosmopolite. On est tous des mélanges, c’est ce qui nous rend forts.” – Tarek Benaoum

“J’ai repris quatre lignes de son livre Limonade. Tout était si infini, ça parle de la délicatesse d’écrire.” – Tarek Benaoum

L’oeuvre est représentative du style de ce street artiste qui manie aussi bien les mots que les couleurs. D’origine marocaine, Tarek Benaoum se passionne pour l’écriture mais surtout la lettre. Il étudie au Scriptorium de Toulouse dirigé par Bernard Arin pour y perfectionner son savoir sur le papier, mais aussi apprendre les gestes et travailler les courbes de la calligraphie. La rue lui permet de s’affranchir d’une calligraphie trop traditionnelle. Il y développe alors un style propre à lui, hybride, aux influences gothiques, latines et orientales. Pour cette fresque, ce sont des arabesques aux couleurs or, cuivre ou argent qui se détachent sur un fond bleu nuit.

Les mots qu’il choisit pour ses œuvres sont toujours en relation avec le lieu.

“Avant même de réfléchir à l’esthétique, je choisis le texte. Il doit toujours entrer en résonance avec le lieu et ses habitants. La calligraphie arrive ensuite.” – Tarek Benaoum

A travers un message crypté que seul lui peut comprendre, Tarek Benaoum réinvente la calligraphie. Il délaisse ainsi la compréhension de son oeuvre pour une approche plus visuelle et émotionnelle. 


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