Âgé de 32 ans, le designer hollandais Lex Pott est considéré comme l’un des créateurs les plus inventifs de la discipline. Depuis longtemps, Lex a fait le choix de se tourner vers le design organique. Une mouvance très en vogue, qui prône le travail intuitif des matières premières comme le bois, le métal ou la pierre.

Lex Pott

Lex Pott

Le design organique

Le design organique se développe surtout à partir des années 1950. Cette mouvance, caractéristique de la production de l’après-guerre, apparaît en fait dans le sillon de l’architecture organique. Ce concept se développe dès les années 1930 à partir des travaux de Frank Lloyd Wright.

Le concept de l’architecture et du design organique prône la création d’immeubles et de meubles instaurant une harmonie entre l’homme et le monde qui l’entoure. En veillant à retranscrire au mieux la force brute des éléments, le créateur révèle ainsi leur beauté pure, essentielle. En résumé, il s’agit d’entrer en communion avec la nature grâce à l’objet. Ce dernier devient dès lors la matrice d’un lien spirituel, un vecteur de transcendance.

À partir des années 1950, la mouvance organique se décline en différentes tendances. Celles-ci sont représentées (entre autres) par Antoni Gaudi, Rudolf Steiner, Arne Jacobsen, Louis Sullivan ou encore Alvar Aalto.

Le design de Lex Pott se replace dans l’héritage direct de ces pionniers historiques. En vert de cuivre, en noir d’onyx, en zinc tordu ou en pierre brute, le designer hollandais livre des créations originales qui attestent d’un état d’esprit simple mais efficace. Le matériau ne se plie pas à l’objet : c’est même tout l’inverse.

Qu’il s’agisse d’une chaise ou d’une table, Lex Pott exploite ainsi le cuivre ou la pierre sous leur forme originelle, sans tenter de les transformer. Le design se pare de faux-airs de quête spirituelle, de discipline alchimique. Il prend l’aspect d’un cheminement mystique devant mener, à terme, à la révélation de la materia prima…

Des fragments bruts

« Je ne commence jamais un projet avec une idée finale en tête, confie Lex Pott à propos de son travail. En réalité, tout part d’une fascination pour le matériau brut. Le produit fini doit raconter une histoire créative. »

Stone piece, Lex Pott © Oliver Staiano


Stone piece, Lex Pott © Oliver Staiano


Stone piece, Lex Pott © Oliver Staiano

Cette vision intuitive se concrétise notamment dans la série des Fragments. Lex Pott livre ici des tables d’une beauté naturelle, qui étonnent par leur simplicité. C’est le dénuement de l’objet qui laisse sa part au rêve.

La force poétique des tables de Lex Pott repose avant tout sur un jeu de contraste matériel et visuel. D’un côté, un rocher brut rappelant les fragments de pierre tombant à flanc de falaise, le long des parois montagneuses. De l’autre, la surface lissée, polie, travaillée d’une plaque de verre. L’oxymore visuel est imparable.

Un mobilier élémentaire

La simplicité de conception des créations de Lex Pott se retrouve également dans les séries mobilières produites par le designer.

Premier exemple, et non des moindres : la réinterprétation de la célèbre A-Chair commercialisée par la société Tolix, qui fêtait ses 80 ans en 2015. Pour l’occasion, la firme a demandé à huit designers de revisiter le modèle original. Lex Pott livre ici un hommage cuivré fort à-propos et l’une des plus belles expressions de sa vision du design.

Lex Pott

Lex Pott, Tolix Alteration

La série de meubles « Chroma » est conçue dans le même esprit élémentaire. La combinaison de couleurs par contraste entre les côtés des étagères et les bordures ouvre un jeu subtil de correspondances chromatiques. Celui-ci se trouve renforcé par l’interaction continue avec les ombres du jour et de la nuit.

© Raw Color


© Raw Color


© Seeds London


© Seeds London

Dans le même genre, la série des « True colours vases » réhabilite la beauté des couleurs naturelles des minéraux à peine sortis de terre. Le cuivre offre une robe verte métallique de toute beauté (il ne devient marron qu’une fois chauffé). Le fer dévoile des tons chaleureux brun-orangés. Encore une fois, le résultat concret transparaît dans l’élégante simplicité des objets. « Il est essentiel de connaître le matériau avec lequel on travaille et ses limites », commente Lex Pott.

© Lex Pott


© Lex Pott

Si les créations de Lex Pott rencontrent aujourd’hui de plus en plus de succès, le jeune designer garde pourtant les idées claires. Hors de question pour lui de finir à la tête d’une multinationale employant des dizaines de personnes.

« L’idée de développer mon activité me plaît, commente-t-il. Mais je ne m’imagine pas travailler avec plus d’une dizaine de collaborateurs. Quel que doit les projets dans lesquels nous nous trouvons impliqués avec mon équipe, je veux savoir qui fait quoi et à quel moment. »

Une conception du métier de designer qui n’est pas sans rappeler celle des chantres du conttrodesign, comme Alessandro Guerriero ou Alessandro Mendini.

L’esprit originel, lui, n’a pas changé. On en retrouve encore les échos dans ces mots essentiels de Frank Lloyd Wright : « Il ne faut chérir aucune forme préconçue (…) mais plutôt exalter les lois simples du bon sens, ou d’un sens supérieur si vous préférez, déterminant la forme par le biais de la nature et des matériaux. »

Lex Pott © Femke Reijerman


Lex Pott

Lex Pott, jeune designer néerlandais né en 1985 est un des plus brillants de sa génération. Il fait partie d'un courant qui place au centre de sa création le retour aux matériaux bruts tels que le bois, la pierre le métal. Ses oeuvres minimalistes son très graphiques

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