Le premier octobre prochain, celle que l’on appelle la “princesse aux petits pois”, ouvre son musée à Shinjuku, un quartier haut en couleurs de Tokyo.

Mais qui est-elle ?

Yayoi Kusama est née en 1929 à Matsumoto, “une petite ville” (243 293 habitants) de la province de Nagano au Japon. Véritable divinité vivante qui au Japon a le droit de quitter la table même quand l’empereur y siège. Aujourd’hui âgée de 88 ans, c’est l’une des artistes les plus importantes au monde.

Figure de proue de l’art brut : dès l’âge de 10 ans, Yayoi Kusama dessine pour s’échapper des hallucinations dont elle est victime. Elle raconte, qu’enfant, lors d’un dîner de famille, elle a fait pour la première fois l’expérience d’une vision qui changera sa vie et qui influencera grandement son œuvre.” Tout a commencé par les hallucinations ” affirme Kusama, “Un jour, après avoir vu sur la table la nappe au motif de fleurettes rouges, j’ai porté mon regard vers le plafond. Là, partout, sur la surface de la vitre comme sur celle de la poutre, s’étendaient les formes des fleurettes rouges.”

Kusama vit d’ailleurs toujours dans un hôpital psychiatrique de Tokyo, où elle a été internée à sa demande en 1977. Mais elle transformera par l’art ses visions cauchemardesques à base de pois, faisant du pois un symbole d’harmonie.

En 1957, déçue par l’enseignement artistique japonais trop conservateur à son goût, elle part pour New York avec dans ses valises 60 kimonos de soie et 2 000 dessins et peintures qu’elle prévoit de vendre pour subsister. Elle y  rencontre Donald Judd, qui fut son amant, Mark Rothko, Andy Warhol, Georgia O’Keeffe, Joseph Cornell.

Objet de nombreuses expositions au MoMa (1998), au Centre Pompidou (2011) ou encore au National Art Center à Tokyo (2017), elle a aussi collaboré avec le monde de la mode notamment avec la maison Louis Vuitton et avec Marc Jacob.

Dans un un immeuble atypique de Tokyo, un musée lui étant complètement consacré a ouvert ses portes à la presse cette semaine. Il accueillera le public à partir du 1er octobre 2017.  “J’ai réalisé le rêve de ma vie, celui de donner à tous la possibilité de voir mon oeuvre” a dit Yayoi dans un message diffusé aux médias. Elle a tenu d’ailleurs à  encourager ses admirateurs à la soutenir dans sa volonté de continuer à “se battre jusqu’au dernier jour de sa vie” pour transmettre son “amour pour l’humanité” à travers l’art.

La première exposition présente 45 créations datant de  2004 à 2017, réparties dans le nouveau bâtiment de 5 niveaux, d’une surface totale de 731 m2. Y figurent une énorme citrouille à pois et les toiles géantes à motifs obsessionnels de sa plus récente série, “Mon âme éternelle”.

 

EnregistrerEnregistrer(Photo – par Kakidai via Wikipedia)

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