Jusqu’au 5 mai 2019

Theatser Gates est le roi de la construction sociale et de la transformation du patrimoine. A travers la sculpture, la peinture, la vidéo, la musique ou encore la performance, il réalise des archives de la culture noire. Artiste et urbaniste, il relie la vie à l’art et tend, à travers une problématique de l’espace, à créer des communautés culturelles. En ce cas, il travaille avec des architectes et des chercheurs, mais aussi des performeurs.

Amalgam, au Palais de Tokyo, est sa première exposition personnelle en France. Elle aborde les vastes sujets de domination et d’asservissement des Noirs à travers l’histoire américaine entre migrations et relations interraciales. Le cœur de son projet commence avec l’histoire de l’île de Malaga, où en 1912 le gouverneur de l’Etat du Maine expulsait cette population pauvre et interraciale de 45 personnes. « Malaga » devint ensuite une insulte et l’île, elle, demeure déserte encore aujourd’hui.

Le nom de son exposition n’est alors pas anodin puisque « Malaga » est presque ici l’anagramme de « Amalgame ». Divisée en quatre parties (Altar, Island Modernity Institute and Department of Tourism, Dance of Malaga et So Bitter, This Curse of Darkness), elle invite le spectateur dans un hommage sous plusieurs mediums entre danse, musique et texte. Pour retranscrire une histoire volontairement oubliée des mémoires.

©Palais de Tokyo, Theaster Gates

Il revendique dans son travail la parole d’ une toute nouvelle génération d’artistes. Militant, il dénonce « un monde de l’art blanc » qui a laissé de coté les artistes noirs. Theaster Gates écrit une nouvelle histoire, une histoire commune.

« Nous devons prendre notre destin en main et nous donner les moyens d’assurer notre visibilité comme l’ont fait toutes ces dernières décennies collectionneurs et galeristes avec les artistes blancs américains. »