Souhaitant encore et toujours encourager la création contemporaine, Emerige est à l’origine d’un projet exceptionnel, en ce moment ouvert au public, dans le 13ème arrondissement de Paris.

Voyage au centre de la terre

Voyage au centre de la Terre est une exposition qui fait effectivement dans l’originalité ; elle est composée d’une sélection d’oeuvres de 8 artistes émergents résidant depuis 1 an dans les espaces du 7, rue de Tolbiac (qui seront détruits dès avril pour aboutir, d’ici 2021, à de nouvelles résidences). Emerige, chargée de ce nouveau chantier, décida donc de confier avant travaux les espaces vides de l’immeuble à un groupe d’artistes pour palier au grand manque d’ateliers en Île-de-France et faire de ce lieu, pour un instant au moins, le laboratoire d’expérimentations inédites.

Cette exposition représente donc l’aboutissement d’une année de libre création et regroupe la production de ces huit artistes aux univers très différents autour du thème de la profondeur. Quête du vrai, de l’autre, du noyau, à travers des recherches au sein d’éco-systèmes pluriels : jungles, organismes vivants, films.

 

Romain Bernini

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Romain propose un travail pictural qui emporte le spectateur dans des univers hors du temps, parmi l’extraordinaire de l’étrangeté. Ces environnements à la flore méconnue et aux proportions monumentales donnent à l’ensemble un caractère parfois franchement hostile annonçant déjà une aventure à venir, dont l’esprit humain peut s’émerveiller mais aussi se perdre à jamais.

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Jennyfer Grassi

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Jennyfer prend elle aussi pour sujet l’environnement, mais sous tout un autre jour. En effet, la peintre, fascinée par les ciels et les horizons, utilise la référence à la nature selon une modalité bien plus chaleureuse. Ici, il y va d’une franche invitation à contempler le sublime des paysages. Une vision parfois hallucinée des beautés simples pour mieux célébrer le voyage.

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Parallèlement à ce travail de peinture, Jennyfer Grassi a mis en place une installation, Kefir. Il s’agit de fleurs séchées et d’objets du quotidien peints en blanc, puis posés sur un socle de plâtre. Une manière, pour l’artiste, de nous faire évoluer dans un espace spécifique qui fait écho à l’univers de ses toiles.

Voyage au centre de la Terre Nommée à la Bourse Révélations Emerige 2014, Jennyfer Grassi @jennyfergrassi fait partie de cette exposition éphémère. • La nature est le champ lexical de sa peinture. Passionnée par cette sombre et surprenante nature depuis son plus jeune âge, Jennyfer Grassi cherche, dans la matière picturale, à célébrer les manifestations spectaculaires et les rendez-vous atmosphériques qui la fascinent au quotidien. • Dans ce group show, Jennyfer Grassi présente une nouvelle série de peintures ainsi qu’une installation. Les premières figurent des paysages fleuris tandis que la seconde les matérialise. En effet, l'installation "Kefir" rassemble des fleurs séchées, des branches d’arbres et objets de la vie domestique recouverts de pigments photoluminescents. L’œuvre est donc visible dans le noir total ! • 🎨 Curateur : Jérôme Sans 📅 Du 9 au 25 mars 📍 7, rue de Tolbiac • Photo partagée par @laurentdumas

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Johanna Hadjithomas et Khalil Joreige

Johanna et Khalil s’interrogent sur la présence et l’absence, l’Histoire et l’oubli. Dans le cadre de cette exposition, les cinéastes et artistes libanais vont occuper toute la partie supérieure des espaces. Ils y donneront à voir des carottages -des échantillons de sous-sol terrestre- issus de villes emblématiques telles que Athènes, Beyrouth ou Paris.

Le tout sera entreposé dans des caisses en bois qui joncheront le sol de l’exposition, nous donnant l’impression de nous mouvoir au milieu des cartes et des territoires à travers des temporalités longues. Le cheminement de ce travail artistique sera explicité quant à son procédé et ses intentions par une vidéo faisant intervenir historiens, géologues, et archéologues.

Voyage au centre de la Terre En image, un aperçu du travail de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas @abboutjoana présenté dans cette exposition éphémère. • D'origine libanaise, les deux artistes tissent des liens thématiques, conceptuels et formels entre photographies, installations vidéos, films de fiction ou documentaires. Ils sont devenus cinéastes et plasticiens par nécessité au lendemain des guerres civiles libanaises. Leur recherche très personnelle cultive un va-et-vient entre la vie et la fiction. Ils s’intéressent notamment à l’émergence de l’individu dans des sociétés communautaires. • Ils présentent dans cette exposition plusieurs carottages réalisés à Paris, Athènes et Beyrouth et disposés dans des caisses de bois. Cette grande installation au sol fait écho à une vidéo détaillant leurs recherches ainsi que des rapports d'historiens, d'archéologues et de géologues. • 🎨 Curateur : Jérôme Sans 📅 Du 9 au 25 mars de 12h à 19h 📍 7, rue de Tolbiac • Photo par @thomaslapointe87

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On parle du "Voyage au centre de la Terre" dans @lefigarofr ! "Une exposition à découvrir de toute urgence avant que le bâtiment ne soit détruit !" Retrouvez cet article sur notre Page Facebook. • 🎨 Curateur : Jérôme Sans 📅 Du 9 au 25 mars 📍 7, rue de Tolbiac • Photo par @polly_es_terre – Oeuvre de Joana Hadjithomas @abboutjoana & Khalil Joreige. • #Emerige @rever_creer_eriger #exhibition #exposition #france #art #artcall #artinfo #artist #artnews #artshow #instagood #bestoftheday #mecenat #mecene #wesupport #paris #artinparis #parisculture #savethedate #jeromesans @jeromesans #romainbernini @romainbernini #jennyfergrassi @jennyfergrassi #joanahadjithomas @abboutjoana #khaliljoreige #khaliljoreigejoanahadjithomas #evajospin #brunoperramant @perramantbruno #luciepicandet @lucie_picandet #pierreseinturier @pierre.seinturier

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Eva Jospin

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Eva travaille le carton avec la minutie et le savoir-faire du sculpteur pour produire des “forêts” d’une densité fabuleuse. L’installation est composée de plusieurs juxtapositions monumentales de lignes d’arbres (25m de longueur, jusqu’à 9m de hauteur).

Le jeu des formes donne une étonnante impression de perspective qui, presque, inquiète. L’atmosphère générale donne en effet l’impression d’être précipité dans les contes parfois terrifiants, comme chacun sait, de notre enfance.

On pourrait aisément imaginer se perdre dans l’épaisseur de cette végétation fictive, et croiser au détour de l’orée quelques hantises infantiles.Jospin-emerige (1)

 

Bruno Perramant

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Bruno présente une série de peintures récentes ainsi que des oeuvres antérieures. Le tout est aussi prolifique que complexe ; l’artiste mêle représentations florales ou portraits pop et multiplie les références tantôt picturales, tantôt cinématographiques, tantôt littéraires.

Il y a quelque chose de virevoltant dans la démarche de Bruno Perramant, une volonté effrénée de construire de nouvelles perspectives, en s’inspirant de notre réseau culturel et en employant toutes les formes possibles.

Le spectateur a tout d’abord l’impression de pénétrer dans un jardin. Pour cause, une allée bordée par les séries florales et explosives de l’artiste. Des compositions de plus petit format viendront ensuite compléter le tout.

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Lucie Picandet

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Lucie a choisi de mêler “la broderie à la fiction, à l’écriture ou à la philosophie” pour un rendu abstrait aux allures de nervures organiques. L’idée est d’ailleurs de représenter, précisément, les étapes d’un voyage à l’intérieur même de l’organisme de l’artiste.

C’est spécifiquement la série Nexus que Lucie Picandet donnera à voir aux visiteurs de l’espace 7. Il s’agit essentiellement d’aquarelles sur lesquelles l’artiste dessine son trajet intérieur. Un trajet qui est, semble-t-il, et comme toute aventure qui se respecte, ponctué d’incidents, de rencontres hasardeuses, voire d’échecs cuisants.

Les hasards de cette équipée sont symbolisés par des jeux de couleurs vives et chaotiques, et des lignes brodées irrégulières et striées, dégoulinant parfois paresseusement sur le sol de l’exposition.

 

Pierre Seinturier

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Pierre s’inspire énormément du cadrage spécifique aux plans cinématographiques, que ce soit au niveau des plans larges ou des portraits serrés. Les teintes des toiles sont intimistes et les protagonistes mis en scène paraissent toujours affairés, presque vivants.

Tantôt, on croit assister à une galanterie, une attente expectative ou une étrange fugue. On se surprend, à la vue de ces tableaux, d’attendre une suite, un dénouement. Sont exposés, outre ses oeuvres, de nombreuses images qui constituent l’univers référentiel de Pierre Seinturier.

#pierreseinturier #7ruetolbiac #voyageaucentredelaterre #paris

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Home is where the heart is. #pierreseinturier

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Conformément à l’idée de Jérôme Sans, commissaire de cette exposition, la scénographie de l’évènement est marquée par un caractère brut, voire carrément “anti-scénographique”.

En effet, les oeuvres se déploient dans des espaces immenses et avec pour seul contexte quelques vestiges de ce qui fut autrefois un lieu d’habitation. A la manière des récits de science-fiction post-apocalyptiques, la ruine architecturale se trouve soudain investie par des forces externes – ici, non pas la nature reprenant ses droits, mais la fibre créatrice s’épanouissant à la manière d’une herbe folle, d’un rhizome.

Pas de chemin tout tracé, ni de linéarité impératives durant la visite. C’est à la manière des célèbres aventuriers de Jules Vernes que vous explorerez ce lieu parfois labyrinthique, allant de découverte en découverte, à la recherche d’un par-delà des réalités quotidiennes.

Et, assurément, vous le trouverez dans cet espace qui constitue bien quelque chose comme un “noyau” de création en fusion, le point de parachèvement d’une année d’élaboration collective.

Vous avez jusqu’au 25 mars pour visiter ce lieu. Les oeuvres seront ensuite dispatchées dans des expositions diverses en France ou à l’étranger.

 

(Photos studio : Florian Kleinefenn)

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