À l’âge de la multitude, nous faisons une hypothèse : artistes = startupers

Lorsqu’ils sont en early stage, ils partagent de nombreux points communs. Par early stage on entend, du côté des artistes, les premières années d’une carrière professionnelle (du premier solo show institutionnel ou marchand aux premières ventes) et du côté des entrepreneurs, la période du pré-lancement du produit aux premiers succès de croissance de consommateurs. Pendant cette période, artistes et entrepreneurs cherchent à rencontrer leurs amateurs/utilisateurs.

Leur plus grand point commun est leur mindset : « Do Things that Don‘t Scale ». Tout ce qu’ils entreprennent a pour but de les distinguer de leur environnement. Ainsi, l’artiste va essayer de trouver sa patte, son style (principe de singularité selon Nathalie Heinich). L’entrepreneur, de son côté, va essayer de trouver sa proposition de valeur, sa réponse aux problèmes rencontrés par ses futurs utilisateurs. Même si les deux temporalités ne sont pas identiques, ils jouent tous les deux contre la montre. Plus le temps passe, plus le risque d’échec est élevé. Ainsi, une fois leur singularité trouvée, tous deux commenceront à croître.

Qu’est-ce qu’un pitch ?

Le pitch vient de l’économie des startups. Il s’agit de la description que vous faites de votre entreprise. Le pitch s’adapte à son audience. Ainsi, un startupper pitchra un investisseur différemment qu’un employé ou qu’un journaliste. Néanmoins, le but est identique : celui de convaincre de la valeur de sa startup le plus rapidement et le plus efficacement possible.

Un bon pitch doit être compréhensible par n’importe qui en 10 secondes. Il doit être simple, court et direct. Au terme de votre présentation, l’auditoire doit être capable de retransmettre votre pitch. Dans un pitch, il faut à la fois une bonne histoire mais également des faits concrets. Il faut qu’on puisse prendre l’ampleur de votre ambition tout en entrant en empathie avec vous. Il ne faut pas présenter votre proposition de valeur mais plutôt la valeur perçue par vos utilisateurs.

Un pitch doit comporter les 12 points suivants :

1. Introduction, la team

Présenter l’équipe fondatrice et les expertises de chacun.

2. Le problème ou l’opportunité

À quel problème vous vous attaquez ou quelle opportunité de business vous avez identifié.

3. La solution

Quelle est votre solution ? Avec quelle proposition de valeur unique ?

4. Le produit

Décrire le produit, ce qui a déjà été réalisé, se concentrer sur les features les plus importantes.

5. La traction

Donner des chiffres montrant la croissance du produit (utilisateurs actifs, bénéfices).

6. Le marché

Quelle est la taille de votre marché ? Concentrez-vous sur votre secteur et vos utilisateurs

7. Le business model

Comment-allez vous exploiter votre proposition de valeur ?

8. La compétition

Quels sont les concurrents directs et indirects ?

9. Ce dont on a besoin

Préciser quels sont vos besoins et les next steps.

10. Contact

Où peut-on vous joindre ?

Comment faire un #PitchMyArt ?

Comme pour les entrepreneurs, le pitch est un outil essentiel pour les artistes. À l’âge de la multitude, un artiste a les moyens d’assurer sa propre promotion. Tout ce dont il a besoin est à sa disposition (éducation, outils, relations, idées), de la production à la commercialisation en passant par la médiatisation. Ainsi, le fait de savoir pitcher sa pratique est le premier pas vers la multitude (la crowd, le pouvoir de l’internet).

Un #PitchMyArt a trois objectifs essentiels. Premièrement, il doit permettre à l’artiste de se ‘’rationaliser’’ en présentant sa pratique de manière structurée. Deuxièmement, il doit être impactant. Tout comme pour le startupper, un #PitchMyArt doit être compris en 10 secondes. On doit être capable de cerner l’artiste, d’avoir tout compris à son œuvre et surtout, on doit être en mesure de retranscrire cela. Troisièmement, le but d’un #PitchMyArt est de créer un call to action. Au terme de la présentation, il faut que l’auditoire sache ce dont l’artiste a besoin pour passer à l’étape suivante.

Un #PitchMyArt peut être une présentation PowerPoint ou un talk. Le But de #PitchMyArt est de créer un reflexe chez les artistes.

À présent, détaillons les 9 étapes d’un #PitchMyArt

1. Who are you ?

Votre nom, âge, lieu d’habitation, une baseline propre à votre œuvre

2. What are you doing ?

Développez votre pratique, vos mediums, les techniques que vous maîtrisez, vos convictions et vos thèses.

3. Inspiration

D’où vous venez, “artistiquement parlant”. Vos inspirations artistiques et en dehors. Ne pas simplement faire du name dropping mais expliciter, ne serait-ce qu’en quelques mots, pour donner une valeur ajoutée à votre discours.

4. Ambition

Où voulez-vous aller ? Il faut faire rêver votre interlocuteur sans le repousser.

5. Validation

Validations institutionnelles et marchandes. Il s’agit ici de présenter de manière succincte et extrêmement efficace vos principales expositions et achivements commerciaux (quelles collections privées, nombre d’œuvres vendues, liste d’attente). Il faut créer un désir, un sentiment d’exclusivité.

6. Testimanials

Comment les autres parlent de votre travail. N’hésitez pas à simplifier, #PitchMyArt est une entrée en matière, pas une thèse sur votre œuvre ni un catalogue raisonné.

7. Network

Quelle est la communauté qui vous suit, les compétences que vous avez à votre disposition dans votre entourage ?

8. What do you need concreatly?

Quels sont vos besoins pour accéder à la prochaine étape de votre carrière ? Concentrez vous sur des besoins concrets, un plus grand lieu, une exposition d’esquisses, une production d’œuvres, un article d’un critique. Ne surtout pas faire l’erreur de dire « J’ai besoin de collectionneurs », car ce besoin est universel et intemporel (même Eliasson a encore besoin d’être collectionné)

9. Contact

Donnez un moyen efficace pour vous contacter. Répondez à tous les contacts dans l’heure.

 

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